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Quand on travaille dehors par grand froid, "le plus dur, c’est de démarrer le matin"

Ce mercredi, la vague de froid devrait s'intensifier. Pas du tout une bonne nouvelle pour les travailleurs qui vont passer leur journée dehors.

Les gelées devraient s'étendre pour englober tout le pays à partir de mercredi. L'air vif et sec tombé sur la France est venu d'Europe centrale et arrive par le nord-est. Ce qui provoque des températures de 5° à 10° en dessous des normales de saison. Du jamais-vu depuis 5 ans.

Globalement, il fera beau, mais froid. Ce matin : -4° à Paris, -5° à Lyon, -2° à Marseille, -5° à Lille, -8° à Strasbourg, -7° à Dijon, -10° à Aurillac. Dans une salle sûrement bien chauffée, François Hollande préside ce matin à 8h45 une réunion ministérielle sur "la mise en oeuvre du plan grand froid".

"Une fois qu’on est dehors, on monte, on descend les escaliers, ça réchauffe"

Si vous croyez que vous souffrez en sortant de chez vous, en prenant la voiture, imaginez un peu ceux qui sont obligés de travailler dans le froid. Thomas Chupin est allé à leur rencontre. A 7h du matin, sur ce chantier de Boulogne Billancourt, il fait -3° à -4°. Le moment le plus dure pour Vincent, ouvrier du bâtiment. "Le plus dur c’est de démarrer le matin, c’est juste de démarrer. Après une fois qu’on est dehors, on monte, on descend les escaliers, ça réchauffe".

Pour l'instant Vincent ne souffre pas trop, mais si les températures continuent de chuter, la loi obligera Julien Pettier, le chef de chantier a stopper le travail. "On risque d’arrêter la quasi-totalité des postes de travail. Les critères d’intempéries sont là aussi pour qu’on ne les force pas à travailler quand il fait trop froid. Nos compagnons sont quand même payés par une caisse des congés et intempéries".

"On met deux, trois pulls. Des capuches, double-chaussettes, double-pantalon, et voilà"

Beaucoup moins de législation sur ce marché parisien. Derrière son étal, Abdel tremble un peu. "On met deux, trois pulls. Des capuches, double-chaussettes, double-pantalon, et voilà". 

L'essentiel, toujours être en mouvement. Hugues, livreurs à vélo l'a bien compris. "Quand on pédale on se réchauffe, mais sinon c’est assez dur. Mais quand on a que ça comme boulot, on n’a pas trop le choix".

Pour les salariés, il existe un droit de retrait qui leur permet de tout stopper s'ils jugent que les conditions sont dangereuses pour leur santé.

Thomas Chupin (avec AM)