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Grand froid: "Dans les centres d’hébergement, tu n’es pas libre"

Malgré la vague de froid qui frappe la France, certains sans-abris préfèrent rester dehors. En maraude, la Croix-Rouge tente de leur porter secours.

La France dans le froid. Les premières régions affectées sont le nord-est, avec des minimales de -6°C à Strasbourg, -8 à Langres (Haute-Marne). À Paris, -3 à -4 degrés sont annoncés pour aujourd'hui. En journée, le thermomètre aura du mal à franchir 1°C. Ces températures sont dues à un air glacial venu du nord-est, favorisé par un vaste anticyclone.

Ouverture des gymnases, renforcement des maraudes... En prévision de la grande vague de froid qui s'installe en France, le gouvernement a mis en place un "pilotage national quotidien". Le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, promet "de la place pour tout le monde". "Personne ne devra rester dans la rue, ni sans domicile fixe, ni migrant" a-t-il insisté.

"On lui donne une soupe chaude et un café chaud"

Guillaume, Emilie et Anaïs sont bénévoles pour la Croix-Rouge, ils quadrillent l’ouest parisien de 20h à minuit, guidés par les appels au 115. "On a des adresses précises qu’on va essayer d’atteindre, des personnes qui ont été signalées par le grand public".

Premier arrêt dans le 16e arrondissement de Paris, sur le trottoir, un homme âgé s’abrite comme il peut. Il ne parle pas français et refuse de bouger. Pas une surprise pour Guillaume, bénévole depuis 4 ans. "Il ne souhaite pas aller en centre d’hébergement. Donc on lui donne une soupe chaude et un café chaud".

"Dans la rue tu as le droit de fumer, tu as le droit de boire"

Deuxième arrêt. Dominique a la cinquantaine et lui non plus ne veut pas entendre parler des centres d’hébergement. "Tu n’as pas le droit de fumer, tu n’as pas le droit de boire. Dans la rue tu as le droit de fumer, tu as le droit de boire, tu es libre. Dans les centres comme ça t’es pas libre".

La maraude reprend. Grâce à une camionnette se déplace vite et peut transporter des habits, des couvertures ou de la nourriture pour ceux qui ne veulent pas dormir aux chaud. C’est le cas de Cyril, 50 ans. "Il a très froid. Donc on a donné une petite soupe parce que ça réchauffe. On a trouvé des gants donc on va lui donner. Ce sera un peu moins dur quand même", explique Anaïs. Lui non plus ne veut pas aller en centre d’hébergement, mais pour les bénévoles la mission est tout de même remplit. "On est allé à la rencontre des gens, là ils n’avaient pas envie, mais peut être que demain il y aura des gens qui voudront dormir dans des centres, et on sera là", conclut Anaïs.

Pierre Gallacio (avec AM)