RMC

Réforme des retraites: quelles modifications possibles afin d'éviter de pénaliser les femmes?

Le ministre des relations au Parlement Franck Riester a lancé un pavé dans la mare en confirmant que les femmes devront travailler en moyenne plus longtemps que les hommes, avec la réforme des retraites. Depuis, le débat est lancé pour savoir s'il faut, et comment, modifier le texte.

"Elles sont un peu pénalisées". Depuis lundi, cette phrase du ministre Franck Riester représente l’énorme caillou dans la chaussure du gouvernement, en pleine opération de communication visant à défendre son projet de réforme des retraites.

Les propos du ministre chargé des relations avec le Parlement sont d’ailleurs corroborés par un rapport d'impact du gouvernement, qui affirme qu'en moyenne, avec le report de l'âge légal, les femmes devront travailler en moyenne sept mois de plus contre seulement cinq mois pour les hommes.

Pour certaines générations, celle de 1980 par exemple, on passe même du simple au double: les femmes devront partir en moyenne huit mois plus tard, contre quatre pour les hommes.

Face au tollé provoqué par ce constat, la Première ministre, Elisabeth Borne, a tout de même tenu à défendre ardemment la première mouture de la réforme des retraites devant les députés de l’Assemblée nationale mardi. Selon elle, “les femmes seront les premières bénéficiaires de la revalorisation des petites pensions. Grâce à la revalorisation de la retraite minimale, près d’un tiers d’entre elles vont voir leur pension augmenter”.

Elisabeth Borne a aussi expliqué que cette réforme permettrait de prendre “désormais en compte, pour le calcul des droits, les trimestres en congé parental”, assurant que son gouvernement a “veillé à protéger les plus fragiles, les plus modestes, y compris les femmes”.

Un superbonus pour les mères de famille?

Dans les rangs des députés Renaissance, toutefois, certaines voix commencent à admettre qu’il y a “des modifications à faire" comme le dit un député de la majorité (relative). Cet élu réfléchit d’ailleurs à plusieurs pistes sur les conditions de départ à la retraite des femmes.

Aucun amendement précis n'a encore été rédigé en ce sens. Mais la proposition qui revient le plus au sein de la majorité est celle de favoriser davantage les trimestres comptabilisés pour maternité. En quelque sorte, un superbonus pour compenser les interruptions dans les carrières des mères de famille.

Un élu Modem avance une autre hypothèse: abaisser l'âge de la décôte, aujourd'hui à 67 ans, notamment pour les femmes aux carrières hâchées. Problème, "dès qu'on touche à un facteur, ça fragilise l'équilibre financier" s'inquiète un marcheur.

Ce qui est sûr aux yeux d’Erwan Balanant, un autre député Modem (Finistère), c’est qu’il “y a un trou dans la raquette, et il faut le réparer”.

“C’est toujours un peu gênant de dire qu’il y a des petites imperfections dans un texte, mais il faut l’assumer. C’est le travail des parlementaires. Ce n’est pas que le texte n’est pas satisfaisant. Le texte est améliorable”, estime le député Modem.

Alors, le parlementaire breton l’assure, “avec le groupe démocrate, nous allons porter des amendements pour que cette injustice ne soit pas dans le texte final. Mais ce que je veux dire, c’est que le débat parlementaire sert à ça. Il sert à corriger les imperfections d’un texte, à l'améliorer, donc on va le faire avec détermination”.

La suite des débats à l’Assemblée concernant la réforme des retraites s’annonce encore remuante. Les députés Nupes et RN ont par ailleurs déposé des demandes de référendum sur le projet de réforme des retraites.

AL avec Romain Cluzel