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Retraites: Attal et Dussopt assouplissent leur discours et cherchent à convaincre

Deux ministres envoyés au front. Olivier Dussopt et Gabriel Attal donnent deux interviews dans la presse pour défendre le projet gouvernemental de réforme des retraites, tout en ouvrant à des négociations et des modifications, mais sans recul et taclent Jean-Luc Mélenchon et son projet de "dette par répartition".

Deux ministres dans la presse. Gabriel Attal, ministre chargé des Comptes publics, donne une interview dans le journal Le Parisien. Il estime qu'"on n'est pas condamné au bras de fer" et est "convaincu que (le gouvernement) peut enrichir le projet ensemble" avec les syndicats , même s'il reconnaît qu'il demande une effort aux Français:

"Il y a des inquiétudes, des doutes, de l’opposition, chez beaucoup de Français. On demande un effort, il faut le reconnaître. Pourquoi on fait cette réforme ? Pour sauver notre système. Pour qui on la fait ? Avant tout pour ceux qui triment et n’ont d’autre richesse que le fruit de leur travail."

Au front aussi, Olivier Dussopt, son homologue chargé du Travail, défend, dans le Journal du Dimanche, une réforme qui "rétablira un maximum d'égalité". Les deux ministres enchaînent les chiffres clés: "un bouclier anti-usure pour un travailleur sur deux" ou "Quatre français sur dix partiront avant 64 ans" pour pénibilité ou carrières longues. Le ministre du Travail confirme, d'ailleurs, que la revalorisation des petites pensions concernera également les retraités actuels.

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Des ajustements mais pas de recul

Cette réforme est "redistributive" martèle Olivier Dussopt avec notamment une augmentation de 5% pour les pensions les plus basses, contre moins de 1% pour les plus élevées. Mais pas question cependant de reculer face aux Français qui ont défilé samedi et jeudi, tout en prenant acte de l'ampleur de la mobilisation.

Les deux figures du gouvernement renvoient au débat parlementaire toute évolution de la réforme: "Je respecte le débat parlementaire à venir. Sur tous les sujets, nous sommes ouverts aux enrichissements dès lors qu’ils garantissent l’équilibre du système en 2030 sans augmentation d’impôt" explique Gabriel Attal.

Dans le viseur des deux ministres, Jean-Luc Mélenchon, le leader insoumis qui prône la retraite à 60 ans et a critiqué Emmanuel Macron qui veut "tout transformer en marchandise". Pour Gabriel Attal, le projet de l'ancien candidat insoumis c'est "la dette par répartition. Avec lui, les jeunes générations seraient condamnées à être matraquées d’impôts pour financer un système injuste. Travailler moins pour gagner moins et vivre moins bien. Après lui le déluge", conclut le minsitres des Comptes publics

Martin Cadoret avec MM