RMC

Retraites: face à l'ampleur de la manifestation, le gouvernement va-t-il revoir sa copie?

La première journée de mobilisation contre la réforme des retraites a été fortement suivie dans les différents secteurs. Plusieurs centaines de milliers de personnes, deux millions selon les syndicats, sont descendues dans la rue. Mais cette mobilisation va-t-elle pousser le gouvernement à revoir sa réforme?

La mobilisation contre la réforme des retraites, ce jeudi, a été d’une certaine ampleur avec plus de deux millions de Français dans la rue selon les syndicats. Ces derniers appellent d'ores et déjà à une nouvelle journée de mobilisation le mardi 31 janvier prochain pour continuer le bras de fer.

D’ici là, le projet sera présenté en Conseil des ministres lundi prochain, avant d’être débattu dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale à partir du 6 février. Alors face à la contestation massive des Français, le gouvernement va-t-il entendre la rue et revoir sa copie? Depuis Barcelone, Emmanuel Macron a défendu jeudi une réforme "juste et responsable" et a assuré de sa "détermination" à la faire aboutir.

Mais impossible de fermer les yeux face à la mobilisation pour le gouvernement. Olivier Dussopt, le ministre du Travail, le reconnaît, il doit se montrer ouvert au dialogue et aux modifications alors que la rue vient de montrer les muscles.

“Il y a du monde dans la rue, il y a du monde qui a répondu à la manifestation. Ça ne sert à rien de nier les choses. Tout ce qui va dans le sens de l’amélioration, on y reste ouvert et donc au Parlement, il y aura des amendements et des débats et si on peut continuer à améliorer la réforme, on le fera”, indique-t-il.

Négocier ou aller au combat?

Améliorer le texte donc, ce qui ne veut pas dire le retirer, loin de là. Malgré la pression, le report de l'âge légal à 64 ans s'impose toujours selon le député macroniste Marc Ferracci.

“Le recul de l’âge légal suscite effectivement l’opposition. Notre rôle va être de continuer d’expliquer que c’est une réforme nécessaire”, appuie-t-il.

Et si ce n'est pas sur la mesure phare qu'il faut bouger, pour le député de la majorité Patrick Vignal, des petits ajustements peuvent calmer la colère. “Il faut travailler sur le contenu. Quelles martingales avec les entreprises on peut avoir pour qu’ils gardent leurs seniors? On pourrait inventer des clauses de revoyure pour les métiers en pénibilité, détaille-t-il.

Mais en coulisses, certains appellent aussi à ne surtout pas lâcher du test. "Négocier maintenant, c'est se tirer une balle dans le pied. Il faut continuer à aller au combat", enjoint même un conseiller ministériel.

Si ce n'est pas la rue qui pousse le gouvernement à revoir sa copie, ce seront peut être des députés macronistes... Les 44 ans de cotisation, pour certains qui ont commencé à travailler très tôt, "c'est indéfendable, cela nous met en difficulté" râle un élu qui appelle à des "ajustements", seul moyen selon lui "de vider la contestation" avant la prochaine manifestation du 31 janvier.

Cyprien Pézeril avec Guillaume Descours