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Retraites: avant les manifestations, les commerçants inquiets se barricadent

De nombreux manifestants sont attendus dans la rue pour manifester contre la réforme des retraites, ce jeudi. Des cortèges qui pourraient attirer des casseurs, ce que redoutent les commerçants qui ont, pour certains, barricadé leurs vitrines.

Plus de 200 rassemblements prévus ce jeudi dans toute la France contre la réforme des retraites. Et face aux risques de débordements, plus de 10.000 policiers et gendarmes sont mobilisés. Ils seront près de 3.500 rien qu'à Paris où les autorités redoutent la présence de plusieurs centaines d'activistes violents.

Des débordements que craignent également beaucoup les commerçants. Sur le trajet de la Place de la République à Nation, les commerçants se barricadent. De larges panneaux de bois sont vissés sur la vitrine. “On réutilise ces plaques qu’on a utilisées en 2017 pendant les manifestations des ‘gilets jaunes’, indique Youcef, opticien. Il craint d'éventuels débordements au passage du cortège.

“C’est dommage d’en arriver là. Ce n’est pas facile pour nous. On est tous pour le droit de manifester, le droit de grève, mais ce serait bien que ce soit équitable parce que ce sont toujours les mêmes qui subissent”, pointe-t-il.

"On aimerait bien d’autres parcours de temps en temps"

D'autant que le quartier a déjà souffert. Lors de récentes manifestations, les vitrines du café de Cyril en témoignent. “On devait changer les vitres cette semaine, mais on a laissé quand même parce que les mois de janvier et février risquent d’être compliqués. On les changera dès que la vague sera passée, mais on va rester ouvert normalement”, explique-t-il.

Pas de changement non plus pour Sylvie, gérante d'un traiteur italien. Mais elle se réserve le droit de baisser le rideau.

“On a une serrure qui permet de baisser le rideau et on s’enferme dans le magasin en attendant que ça se calme. Ceci dit, l’autre fois, on était enfermé à l’intérieur et ils ont tapé sur les rideaux avec des barres en bois ou en fer, c’est très impressionnant, ça fait peur quand même”, confie-t-elle.

Mais qu'ils ferment boutique ou non, tous craignent de voir leur chiffre d'affaires plombé par cette journée.

"Le problème, c’est que je suis sur le parcours de toutes les manifestations, explique dans "Charles Matin", sur RMC et RMC Story, Alexis Wargon, commerçant sur le boulevard du Temple (Paris). On se barricade. Ce qui coûte, c’est l’installation des panneaux, et le manque à gagner. J’ai des salariés, je leur ai donné leur journée. Je ne suis pas rassuré, je m’attends au pire systématiquement. A long terme, c’est évident que je risque d’être renvoyé par l’assurance. On est autant exaspéré par les grandes manifs qui dégénèrent que par les petites qui bloquent le boulevard tous les week-end. On aimerait bien d’autres parcours de temps en temps. On a un peu un sentiment d’abandon."

Caroline Philippe et Martin Bourdin avec Guillaume Descours