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"Je ne sais pas comment ça va se passer": ces Français qui vont manifester pour la première fois

Les syndicats espèrent une mobilisation massive ce jeudi contre la réforme des retraites. Des rassemblements sont organisés un peu partout en France. Des cortèges où se trouveront parfois des Français qui manifesteront pour la première fois de leur vie.

Des rassemblements contre la réforme des retraites sont organisés dans plus de 200 villes ce jeudi. Les syndicats espèrent que plus d’un million de Français seront au rendez-vous, tandis que les renseignements territoriaux tablent eux sur une fourchette de 550.000 à 750.000 manifestants.

Et parmi eux, certains n'ont jamais manifesté, ça ne fait pas partie de leur habitude. Mais cette fois, le sujet est trop grave, alors ils ont décidé d'aller dans la rue ce jeudi pour montrer leur opposition. Pour la première manifestation de sa vie, Laurent, plombier de 48 ans, ira en solo et au naturel. "Je vais m’habiller normalement, je ne vais pas prendre de drapeau parce que je n’aime pas tellement ça. Mais je serai là pour manifester mon mécontentement”, appuie-t-il. Et pourtant, au départ, il était favorable à la réforme.

“C’était important de faire une réforme, mais elle est vraiment trop injuste. Moi, j’ai commencé à 15 ans à travailler. Je ne me vois pas encore faire ce métier pendant encore des années”, pointe-t-il.

"Je le fais pour les autres"

Laurent sera dans le cortège parisien, alors que Céline ira elle à Macon. “J’appréhende parce que je ne sais pas comment ça va se passer, je ne sais pas s’il y aura du monde…” indique-t-elle. Première mobilisation pour cette militante du Rassemblement national qui ira avec sa mère, une grande habituée des manifestations.

"On n'est pas du tout du même bord politique, sachant qu’elle fait partie de la CGT retraités. Le clivage gauche-droite, pour une fois, je crois qu’il doit s’arrêter”, assure-t-elle.

À 33 ans, Baptiste, chauffeur poids lourds, est aussi un novice. C'est à ses parents et à ses enfants qu'il pensera durant la marche. “Je ne le fais pas que pour moi, je le fais aussi pour les autres qui ne peuvent pas y aller. Quand je vois mon père qui a fait pas mal de boulots dans sa vie, il est cassé de partout. Il a mal au dos, il a du mal à marcher… Pour moi, ce n’est pas ça la retraite, tu devrais profiter de ce que tu as gagné avant”, dénonce-t-il.

Il espère que le mouvement permettra de faire bouger le gouvernement notamment sur la pénibilité.

Guillaume Descours avec Mahauld Becker-Granier