Retraites: pourquoi les syndicats optent pour deux journées de mobilisation la semaine prochaine
Deux nouvelles journées de mobilisation vont être organisées le mardi 7 et le samedi 11 février. Après une mobilisation record ce mardi et une première manifestation déjà réussie le 19 janvier, l'intersyndicale appelle de nouveau les Français à descendre dans la rue contre la réforme des retraites. 1,27 million de personnes étaient mobilisées ce mardi selon le ministère de l'Intérieur, soit 170.000 de plus qu'il y a deux semaines. Mais les syndicats avancent un chiffre de 2,8 millions.
L'intersyndicale appelle d'ici mardi prochain "à multiplier les actions, initiatives, réunions ou assemblées générales partout sur le territoire, dans les entreprises et services, dans les lieux d'étude, y compris par la grève".
Et en appelant à manifester un week-end, le 11 février en l'occurrence, les syndicats font le pari qu'ils seront rejoints dans la rue par tous les opposants à la réforme qui n'ont pas les moyens de faire grève, explique Marylise Léon de la CFDT.
“Aujourd’hui la préoccupation première des Français, c’est le pouvoir d’achat, comment je boucle mes fins de mois. On va leur permettre et j’espère qu’ils seront nombreux à nous rejoindre le 11 février”, indique-t-elle.
Première semaine à deux mobilisations
Les Français opposés à la réforme pourraient choisir de défiler le samedi au détriment du mardi, un choix assumé par Simon Duteil, co-délégué de Solidaires. “Mardi prochain, ça ne sera pas comparable directement avec le 31 ou le 19 janvier, c’est sûr. Mais on aura dans la même semaine deux grandes journées de mobilisation et on verra à la fin de la semaine ce que ça va donner”, appuie-t-il.
Ce n'est pas dans l'ADN de la CGT d'appeler à se mobiliser le week-end, mais sa représentante Catherine Perret adhère à la décision collective.
“C’est vraiment une stratégie partagée par l’ensemble des organisations de l'intersyndicale face à ce gouvernement qui est totalement incapable d’entendre le pouls de sa population”, pointe-t-elle.
Un compromis entre la CGT et la CFDT
Après deux journées réussies au delà de leurs espérances, les syndicats en sont persuadés, la clé du succès réside dans leur unité. C'est pourquoi cette double date est un compromis entre la CGT, qui ne jure traditionnellement que par la grève en semaine, et la CFDT, qui avait proposé très tôt de se mobiliser le samedi pour voir défiler les familles et les petits salaires. Cette stratégie convient également aux secteurs qui sont des fers de lance: les raffineurs, les dockers, les énergéticiens et les cheminots, qui avaient déjà coché la date de mardi prochain.
Avec deux dates en une semaine, les opposants à la réforme pourraient défiler le samedi plutôt que le mardi pour économiser un jour de grève, mais le risque est assumé, "il faudra faire le bilan à la fin de la semaine", prévient d'emblée le numéro 1 d'un syndicat, qui commence déjà à réfléchir à comment faire vivre le mouvement pendant la suite des vacances. "On sera inventifs", promet-il.