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"Routes d'Europe": la jeunesse hongroise de plus en plus tentée par l'émigration

Des reportages à travers différents pays, des rendez-vous quotidiens ou encore des éditions spéciale: afin de mieux comprendre les enjeux, RMC se met à l'heure européenne.

Depuis que Viktor Orban est au pouvoir, les conditions de travail des salariés hongrois sont devenues très difficiles. Les droits des syndicats sont réduits, le droit de grève est bafoué, et les salaires n’augmentent pas. Conséquence, les jeunes Hongrois sont de plus en plus nombreux à être tenté par l’émigration. Les chiffres sont là. Depuis 2010, 600.000 jeunes Hongrois ont quitté le pays à la recherche de meilleures conditions de vie et de travail.

"Je veux vivre dans un pays où l’on respecte le travail que je veux faire"

C’est la direction que pourraient prendre Alexandra, Zsuzsi et Zsombor trois étudiants qui sont nés et ont grandi à Budapest et qui ne se reconnaissent plus dans leur propre pays: "Cette ambiance dans le pays est déprimante. On va tous les jours à l’école en regardant cette campagne de haine anti-immigration, c’est presque une honte d’être Hongroise", explique au micro de RMC Alexandra, qui se prépare à partir en Autriche en septembre prochain. "Mes parents sont tristes, ils savent que je ne veux pas faire mes études ici mais ils savent aussi que c’est mieux pour moi", ajoute-t-elle.

Zsuzsi a pris la même décision. Elle veut devenir assistante sociale, un métier impossible à envisager en Hongrie.

"J’habite dans un foyer, et mes éducateurs sont des assistants sociaux mais ils doivent travailler dans des conditions épouvantables. Les murs tombent, les meubles sont en morceaux et ils sont payés une misère. Je veux vivre dans un pays où l’on respecte le travail que je veux faire, je ne veux pas mourir de faim", assure-t-elle fataliste.

3.000 euros d'aide au retour

Les amis de Zsombor s'en vont les uns après les autres: "Dans ma classe, quasiment tout le monde voit son avenir à l'étranger. Il y en a la moitié qui disent qu'ils ne reviendront jamais en Hongrie, ça me rend triste", explique-t-il.

Ces jeunes, le premier Ministre Viktor Orban a bien tenté de les faire revenir en proposant 3.000 euros d'aide au retour par personne, une mesure finalement abandonnée, faute de candidat, une centaine de jeunes seulement en ayant fait la demande.

Marie Monier, Juliette Droz (avec Guillaume Dussourt)