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Suppression de l'ISF: le "ruissellement" n'a pas eu lieu

LECHYPRE D'AFFAIRES - Chaque jour à 7h20, Emmanuel Lechypre dévoile et décrypte un chiffre-clé de l'économie en direct sur RMC.

France Stratégie fait le bilan de la suppression de l'impôt sur la fortune en 2017. Et c'est un bilan pour le moins mitigé. En réalité, le constat est sans appel: non, la suppression de l'ISF et la réduction de la fiscalité sur les revenus du patrimoine financier n'ont pas encore entraîné d'effets positifs mesurables sur l'investissement et l’emploi, selon France Stratégie, qui ne conclut donc pas, à ce stade, à la réalité du "ruissellement" défendu par Emmanuel Macron en 2017.

Autre objectif (et autre râté): la suppression de l'ISF devait faciliter les transmissions d'entreprises, face à des dirigeants qui à l'époque refusaient de vendre leurs sociétés pour qu'elle reste un bien professionnel et donc exonéré d'ISF. Là encore, la conclusion est claire: il n'y a plus eu de renouvellement et de rajeunissement de ce côté-là.

Pour autant, cette réforme a quand eu des effets positifs. Elle a d’abord permis de stopper l'exil fiscal. Il y a eu moins de départs de Français à l'étranger et plus de retour... même si cette évolution porte sur peu de personnes. On évoque quelques centaines de familles.

Surtout cette abandon de l'ISF fait rentrer, paradoxalement, des sous dans les caisses de l’Etat: la réforme de 2013, qui taxait les dividendes versés par les entreprises comme les revenus, avait fait chuter le versement des dividendes. En annulant la réforme de 2013, les entreprises en ont repartit ont à nouveau versé des dividendes. Cette augmentation des dividendes s'est par ailleurs avérée très favorable aux Finances publiques, puisqu'elle a permis de ramener le coût de la réforme à environ 1,5 milliard d'euros, contre 5 milliards anticipés.

Reste que l’ISF n’est pas réhabilité pour autant... Les experts concluent que l'ISF n'était pas non plus la panacée. Si la réforme n'a pas eu les effets attendus, pas question pour eux de faire marche arrière.

La réforme a remis la France dans "la norme OCDE" en matière de fiscalité du patrimoine. Le rendement après impôts des actions, obligations et des fonds d'investissement est désormais dans la moyenne des autres pays industrialisés. 

Emmanuel Lechypre