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Travail de nuit dans les commerces alimentaires: le gouvernement temporise face au contexte social inflammable

Matignon ne veut pas rajouter de l'huile sur le feu en réduisant les heures considérées comme nocturne alors que la colère sociale gronde.

La pression sociale monte et le gouvernement temporise. Devant l'opposition syndicale, c'est Matignon qui a pris la décision de reporter un texte sur le travail de nuit dans les commerces alimentaires, en lançant une concertation de plus. "Là, c'est le principe de précaution poussé à l'extrême" peste un député marcheur "On ne veut tout simplement pas se taper 300 personnes de plus dans la rue, qui vont rallumer un front", ajoute l'élu.

En attendant, le train des réformes semble à l'arrêt et le gouvernement ne veut pas rajouter de l'huile sur le feu. "Tout le monde est terrifié" reconnaît un cadre de la majorité, alors que les personnels soignants seront dans la rue demain, et qu'une grève illimitée est annoncée à la SNCF et à la RATP, le 5 décembre, contre la réforme des retraites.

Réduire les horaires de nuit

Le gouvernement prévoit désormais une concertation de 6 mois sur la question avec les partenaires sociaux. Car face à la grogne sociale qui monte dans le pays, notamment sur la réforme des retraites, pas question d'énerver les syndicats.

L'idée du gouvernement était de réduire la période de travail de nuit, qui se comprend comme une période d'au moins neuf heures consécutives entre 21h et 7h, et de la faire commencer qu'à partir de minuit. Aujourd'hui, il est interdit d'employer des salariés dans cette période sauf nécessité d'assurer la continuité de l'activité ou pour des services d'utilité sociale

Paul Barcelonne