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Une surtaxe sur les contrats courts permettrait-elle de limiter la précarité? Ça fait débat sur RMC

Le gouvernement doit présenter sa réforme de l’assurance chômage. Les partenaires sociaux ont rendez-vous à 9h30 à Matignon. Plusieurs objectifs sont déjà connus. Parmi eux, la lutte contre la multiplication des contrats courts.

L’électrochoc, c’est cette étude de la Dares il y pile un an. Le service statistique du ministère du Travail avait analysé les embauches et ruptures de contrats sur les 25 dernières années en France. Résultat, près de 9 embauches sur 10 se font en CDD. Et plus d’un tiers de ces CDD sont des contrats d’une journée seulement.

Pour mettre fin à cette précarité de l’emploi, deux mesures sont envisagées. D’abord une surtaxe sur les CDD d’usage, les CDD sans prime de précarité à la fin du contrat. Deuxième mesure, l’instauration d’un bonus-malus sur tous les contrats courts. C’était une promesse du candidat Macron. En clair, le taux de cotisation d’assurance chômage d’une entreprise variera en fonction de son taux de rupture de contrat.

"Des entreprises vont contourner le dispositif"

Cela concernera les 5 à 10 secteurs d’activités les plus gourmands en CDD: l’audiovisuel, la santé, l’hébergement médicosocial, les arts et spectacles ou encore l’hôtellerie restauration dont Laurent Bigot est secrétaire national CFDT. Il n'est pas convaincu de l’efficacité de la mesure:

"Ce dispositif ne va pas être très dissuasif. Si ça peut faire reculer l'emploi abusif, par exemple, le petit hôtelier qui emploie tous les jours une personne pour servir les petits déjeuners en contrat court, si c'est contraignant, il va peut-être y réfléchir à deux fois. Mais il y a des entreprises qui vont contourner le dispositif. Ça va peut-être avoir des effets pervers, notamment l'uberisation du secteur de l'hôtellerie restauration, c’est-à-dire avec moins de droits. Il faut rester très vigilant".

Le Medef non plus n’est pas convaincu de l’efficacité de la mesure. Et espère que le gouvernement y renoncera s’il voit qu’après 18 mois ou 2 ans de test, ça ne fonctionne pas. L’objectif du gouvernement est de faire économiser 3 à 4 milliards d’euros à l’Unedic d’ici 2022. Puisque c’est elle, l’Unedic, qui indemnise les périodes de chômage entre deux contrats courts.

Matthieu Rouault