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"Vous n’avez envoyé personne, ni le jour du drame, ni à son enterrement": au procès France Télécom, un ancien cadre accable la direction

Au procès France Télécom, les témoignages continuent d'accabler la direction, accusée d'avoir poussé plusieurs salariés au suicide. Mercredi, un ancien cadre a dénoncé l'absence de compassion de ses supérieurs après le suicide de l'un de ses collègues en 2011.

Le procès France Télécom se poursuit. Sept dirigeants de l’opérateur sont toujours jugés depuis le 6 mai et jusqu’au 12 juillet, accusés d’avoir mené "une politique visant à déstabiliser les salariés", qui serait à l’origine de 19 suicides. 

En 2006 les supérieurs de Sébastien Crozier avaient exigé qu’il supprime 20% de ses effectifs. "C’est là que je suis entré en résistance", lance-t-il à la barre. Il quitte alors son poste pour occuper à 100% ses fonctions syndicales et devient le témoin de tout le mal être des salariés de France Telecom.

"Je l’ai vu agoniser dans la cour, elle a mis 1h à mourir"

Pressions, départs et délocalisations forcées, il raconte "un mécanisme infernal" qui conduira au pire. Le 11 septembre 2009. L’une de ses collègues se défenestre du 5ème étage d’un bâtiment de France Telecom.

"Je l’ai vu agoniser dans la cour, elle a mis 1h à mourir", raconte-t-il en pleurant avant de se tourner vers son ancien PDG. "Monsieur Lombard vous n’avez envoyé personne ni le jour du drame ni à son enterrement ! Vous étiez où ?", lance-t-il au prévenu.

Selon Sébastien Crozier, actuellement président du syndicat CFE-CGC chez Orange, ce suicide et l'absence de compassion incarnent le symbole du manque d'humanité des anciens responsables de l'opérateur téléphonique.

Jean-Baptiste Bourgeon (avec G.D.)