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Haine anti-flic: "Dans les années 80, on se faisait insulter dans certains quartiers, aujourd'hui, c'est partout", témoigne un policier

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Ce matin dans Bourdin Direct, Olivier, un fonctionnaire de police de l'Isère, a interpellé Romain Altmann, d'Info'Com-CGT sur les affiches parues sur le site du syndicat. Selon lui, elles stigmatisent les forces de l'ordre.

Le 18 mai, ce sont les forces de l'ordre qui descendront dans les rues de France. Le syndicat majoritaire des gardiens de la paix Alliance a appelé à manifester pour dire "stop à la haine anti-flic", après deux mois de manifestations marquées par de nombreux affrontements.

Olivier, fonctionnaire de police dans l'Isère témoignait ce jeudi matin dans Bourdin Direct. Blessé à plusieurs reprises lors de manifestations, il entend dénoncer les agissements de certains manifestants:

"Quand vous êtes 70 fonctionnaires en barrage, que vous avez 1.000 ou 2.000 personnes face à vous. Parmi ces personnes vous en avez 350 qui enlèvent les pavés de la voie publique pour vous les jeter, qui incendient des voitures, qui vous jettent des marteaux et tout ce qui leur tombe sous la main".

"Ceux qui restent sont là pour en découdre"

Et de rappeler: "Il y a quand même 3 ordres avant la charge. Dans toutes les manifestations auxquelles j'ai participé ceux qui n'ont rien à voir avec les violents et qui sont là pour manifester quittent la foule et s'éloignent sur les côtés. Ceux qui restent face à vous sont ceux qui veulent découdre", juge-t-il.

Le fonctionnaire de police estime aussi que l'aversion contre les forces de l'ordre augmente: "En 1980 quand des policiers patrouillaient se faisaient insulter c'était du quotidien dans certains quartiers de banlieues. Aujourd'hui, on le rencontre partout".

La faute selon lui aux médias:

"Les médias ont une fâcheuse tendance à ne pas montrer ce qui se passe du côté des policiers. Mais quand un manifestant prend un coup, ça passe en boucle sur toutes les chaines".

Olivier pointe aussi les affiches de la CGT qui, selon lui, stigmatisent les forces de l'ordre: "C'est très choquant, on a l'impression d'être des assassins". Le 16 avril, le syndicat Info'Com de la CGT avait publié une affiche représentant une matraque et un insigne de CRS dans une flaque de sang.

"Une escalade de la violence"

"Ça correspond malheureusement à une situation vérifiée par des faits, lui a répondu en direct Romain Altmann d'Info'Com-CGT. Durant certaines manifestations on a pu assister à une escalade de la violence. On en est maintenant à couper des cortèges syndicaux, il faut aussi savoir lever des tabous sur le rôle qu'on fait jouer aux forces de l'ordre sur une répression du mouvement social".

Le syndicaliste juge aussi que les forces de l'ordre sont trop "au contact" des manifestants: "Il suffirait que les forces de l'ordre encadrent les manifestations en se mettant dans les rues adjacentes et ça irait beaucoup mieux. Aujourd'hui elles sont au contact et sont malheureusement à cran".