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15 femmes et 40 enfants rapatriés de Syrie: "Ce sont des enfants français qui n'ont rien demandé"

Quarante enfants et 15 femmes ont été rapatriés ce jeudi de Syrie en France, ont annoncé les autorités. Les enfants ont été adressés aux services d'aides à l'enfance, tandis que les adultes ont été remises aux autorités judiciaires.

La France a rapatrié ce jeudi plusieurs enfants et femmes qui avaient rejoint les territoires contrôlés par Daesh en Syrie. 15 femmes et 40 enfants qui étaient détenus dans les camps de prisonniers jihadistes dans le nord-est de la Syrie, contrôlés par les forces kurdes, sont arrivés dans la nuit à l'aéroport de Villacoublay, près de Paris, a appris BFMTV.

"Les mineurs ont été remis aux services chargés de l'aide à l'enfance et feront l'objet d'un suivi médico-social. Les adultes ont été remises aux autorités judiciaires compétentes", indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Parmi eux, se trouvent sept orphelins ou enfants isolés, assure le Parquet national antiterroriste (Pnat), tandis que les femmes sont âgées de 19 à 42 ans.

Un danger?

Un rapatriement qui n'a "aucun sens" pour l'enseignant Kevin Bossuet, membre des "Grandes Gueules" sur RMC et RMC Story. "Ces femmes ont quitté la France parce qu'elle détestait ce qu'était notre pays. On n'a pas le devoir de les rapatrier et ça pose aussi le danger de ces femmes et de ces enfants", s'inquiète-t-il.

A contrario, Marie-Anne Soubré est soulagée du retour de ces enfants: "Ce sont des enfants français qui sont innocents, n'ont rien demandé et dont le seul crime est d'être nés dans des familles de fous. Ils ont des familles, des grands-parents et des oncles et tantes qui peuvent s'occuper d'eux", défend l'avocate.

Elle assure être cependant plus réservée quant au rapatriement des femmes: "Je pense qu'elles auraient dû être jugées là-bas puisqu'on aurait dû faire des procès pour ce qu'elles ont fait", estime Marie-Anne Soubré, qui juge normal de séparer ces mères de leurs enfants pour les avoir mis en danger.

La France condamnée par la Cour européenne des droits de l'Homme

Le sujet du rapatriement de ces femmes djihadistes et leurs enfants reste sensible en France, marqué par plusieurs attentats commandités par Daesh. Sous la pression des familles de ces femmes jihadistes détenues dans des conditions particulièrement dures dans des camps de prisonniers, la France a longtemps procédé à des rapatriements mesurés, décidés au cas par cas.

Mais le 14 septembre, la Cour européenne des droits de l'Homme, saisie par les parents de deux de ces femmes, avait condamné la France pour ne pas avoir étudié de manière appropriée ces demandes.

Après cela, le ministère des Affaires étrangères s'était dit prêt à "envisager" de nouveaux rapatriements "chaque fois que les conditions le permettraient". En juillet, les autorités en charge de la lutte anti-terroriste avaient indiqué qu'il restait une centaine de femmes et près de 250 enfants dans les camps syriens.

G.D.