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Guerre en Ukraine: "attaque massive" contre des installations énergétiques, plus de 50 missiles

Selon l'armée ukrainienne, plus de 50 missiles de croisière ont été lancés sur le pays ce lundi. Kiev dénonce une "attaque massive" de la Russie contre des installations énergétiques, dans plusieurs régions.

"Plus de 50 missiles de croisière" selon l'armée ukrainienne, des explosions à Kiev et dans d'autres régions, des quartiers privés d'électricité et d'eau... L'Ukraine dénonce une "attaque massive" de la Russie contre des installations énergétiques, ce lundi matin, deux jours après une attaque sur la flotte russe en Crimée, que Moscou a imputée à Kiev avec l'aide de Londres.

"Les terroristes russes ont, une fois de plus, lancé une attaque massive contre des installations du système énergétique dans un certain nombre de régions", a indiqué un conseiller de la présidence ukrainienne, Kyrylo Timochenko. "Certains des missiles ont été abattus par la défense anti-aérienne, tandis que d'autres ont atteint leur cible", a-t-il ajouté.

Selon l'armée ukrainienne, "plus de 50 missiles de croisière ont été lancés" sur l'Ukraine "à l'aide d'avions", depuis le nord de la mer Caspienne et de la région russe de Rostov. A Kiev, au moins cinq explosions ont été entendues tôt lundi par des journalistes de l'AFP.

"Une partie de Kiev est sans électricité et dans certaines zones sans eau, à la suite des frappes russes", a rapidement indiqué le maire de la ville, Vitaly Klitschko, sur Telegram. "Des électriciens travaillent à rétablir l'approvisionnement en électricité sur une installation endommagée qui alimente environ 350.000 appartements à Kiev", a-t-il précisé. La capitale avait déjà été frappée les 10 et 17 octobre notamment par des drones russes de fabrication iranienne, qui avaient touché des infrastructures énergétiques essentielles.

"Faux prétexte"

Ces nouvelles frappes massives interviennent après l'annonce ce week-end par Moscou de suspendre sa participation à l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes, vitales pour l'approvisionnement alimentaire mondial. Deux cargos chargés de céréales ont toutefois quitté lundi les ports ukrainiens et emprunté le corridor maritime humanitaire à destination de la Turquie, selon le site spécialisé Marine traffic.

Douze cargos doivent quitter dans la journée les ports ukrainiens et quatre autres se diriger vers eux, dont l'un, sous pavillon turc, a déjà pris la mer, a précisé le Centre de coordination conjointe (JCC), chargé de superviser l'accord sur les exportations de céréales ukrainiennes via la mer Noire.

Samedi matin, une attaque de drones massive a visé des navires militaires et civils de la flotte russe de la mer Noire stationnés dans la baie de Sébastopol, en Crimée annexée, provoquant la colère de Moscou. Un bateau militaire a été touché. Le ministère russe de la Défense a accusé Londres d'avoir aidé Kiev dans "la mise en oeuvre de cet acte terroriste", ce que le Royaume-Uni a fermement nié.

Kiev a, de son côté, dénoncé dimanche des exportations de céréales devenues "impossibles" du fait du blocus russe réinstauré par la Russie, décrivant les accusations russes comme un "faux prétexte".

Dans son intervention vidéo quotidienne, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé dimanche soir que "la Russie est la seule responsable du fait que la nourriture va devenir plus chère en Afrique de l'Ouest et en Asie de l'Est. La Russie est la raison pour laquelle la population, en Ethiopie, en Somalie ou au Yémen, va devoir faire face à des pénuries catastrophiques".

Les Etats-Unis et l'UE ont condamné le retrait russe de cet accord essentiel conclu en juillet sous égide de l'ONU et de la Turquie, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, se disant lui "profondément préoccupé". Le président américain Joe Biden a lui dénoncé une décision russe "scandaleuse". "Il n'y avait aucune raison pour eux de faire cela", a-t-il déclaré.

A Istanbul, le CC a indiqué que la délégation russe participant aux inspections des navires transportant des céréales ukrainiennes s'en retirait "pour une durée indéterminée".

LP avec AFP