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La Russie accuse l'Ukraine de préparer une "bombe sale" pour justifier une escalade des tensions

La Russie accuse ce lundi l’Ukraine d’être entrée dans la phase finale de la fabrication d’une “bombe sale”. Dans le même temps, les ministres des Affaires étrangères français, anglais et américain “rejettent ces allégations” et sous-entendent que cette affirmation russe serait utilisée pour provoquer une escalade des tensions.

La Russie affirme ce lundi 24 octobre que l'Ukraine est entrée "dans la phase finale" de la fabrication de sa "bombe sale", une affirmation que Moscou brandit et qui est fermement rejetée par Kiev et ses alliés occidentaux.

"Selon les informations dont nous disposons, deux organisations ukrainiennes ont des instructions spécifiques pour fabriquer la soi-disant “bombe sale”. Leur travail est entré dans la phase finale", a déclaré dans un communiqué le lieutenant-général Igor Kirillov, en charge au sein de l'armée russe des substances radioactives, des produits chimiques et biologiques.

Un prétexte pour une escalade militaire…

L’accusation de Moscou avait déjà émergé dimanche dernier, au cours d’entretiens téléphoniques qui ont eu lieu entre le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, et ses homologues américain, français, britannique et turc.

Au cours de ces échanges, d'une intensité inédite au cours d’une seule journée depuis le début de l'offensive russe en Ukraine le 24 février, il a fait part à ses interlocuteurs de "ses préoccupations liées à d'éventuelles provocations de la part de l'Ukraine avec recours à une bombe sale", selon son ministère.

Dans les faits, la Russie pense que l’Ukraine préparerait une “bombe sale”, un engin mêlant différentes matières explosives comme de la dynamite, et des déchets radioactifs, qui serait ensuite lancée par les forces ukrainiennes sur leur propre territoire. Selon Moscou, le but serait ici de justifier une escalade des tensions et de nouvelles attaques ukrainiennes.

Ces accusations ont été pleinement rejetées par les ministres des Affaires étrangères français, anglais et américain, qui ont conjointement déclaré que “personne ne serait dupe d'une tentative d'utiliser cette allégation comme prétexte à une escalade".

… et nucléaire?

Si ces accusations russes sont rejetées par les ministres des Affaires étrangères, c’est que les Ukrainiens et les Occidentaux ont une autre vision des allégations russes.

Kiev et ses homologues y voient la menace des préparatifs d'une attaque sous faux drapeau, suspectant la Russie d'être prête à faire exploser elle-même une "bombe sale" pour justifier une escalade militaire, par exemple en employant une arme nucléaire tactique en représailles.

La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna a également "parlé (...) au ministre ukrainien des Affaires étrangères des allégations de la Russie, à l'évidence fausses", a-t-elle tweeté.

Le Kremlin critique Macron et Scholz

Le Kremlin a aussi envoyé des piques ce lundi à Emmanuel Macron et Olaf Scholz, au sujet d’une médiation de la guerre en Ukraine.

Selon Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, le président français et le chancelier allemand ne manifestent "aucune envie" de participer à une médiation dans les négociations de paix sur le conflit en Ukraine.

"En ce qui concerne messieurs Macron et Scholz, ces derniers temps, ils ne manifestent aucune envie d'être à l'écoute de la position de la partie russe et de participer à des efforts quelconques liés à la médiation", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Dans le même temps, le porte-parole a fait l'éloge de la "position d'Ankara, bien différente de celles de Paris et de Berlin. (...) Ankara manifeste sa volonté de poursuivre les efforts de médiation" qui ont été "hautement appréciés" par le président russe Vladimir Poutine.

Membre de l'Otan, la Turquie, très dépendante des gaz et pétrole russes, s'est efforcée depuis l'offensive russe du 24 février d'entretenir sa relation avec l'Ukraine et la Russie et ne s'est pas jointe aux sanctions internationales contre Moscou.

A.L. avec AFP