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Guerre en Ukraine: au moins 39 morts dans une attaque sur une gare de Kramatorsk

Une roquette a atteint une gare à Kramatorsk ce vendredi, dans l'Est de l'Ukraine. Le bilan humain est lourd, avec au moins 39 morts selon les secours sur place. L'armée russe dément que le tir vienne de ses forces.

Un missile a touché la gare de Kramatorsk, située dans la région du Donbass, à l'Est de l'Ukraine, ce vendredi. Il y avait au moins 20 morts selon un premier bilan communiqué par l'AFP. Mais le bilan s'est rapidement alourdi, avec au moins 39 morts, à la suite de cette attaque, selon les secours sur place.

"Suite au tir de roquette sur la gare de Kramatorsk, selon les données opérationnelles, plus de 30 personnes ont été tuées et plus de 100 blessées", a annoncé sur sa chaîne Telegram Oleksandre Kamychine, le patron de la compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia, dénonçant une "frappe délibérée".

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé vendredi un "mal sans limite" déchaîné par la Russie: "Sans la force et le courage de nous affronter sur le champ de bataille, ils détruisent cyniquement la population civile. C'est un mal qui n'a pas de limite. Et s'il n'est pas puni, il ne s'arrêtera jamais", a-t-il écrit sur Telegram, dénonçant les méthodes "inhumaines" des forces russes.

Une inscription en russe sur le missile

L'armée russe a démenti ce vendredi tout tir de missile sur la gare de Kramatorsk, dénonçant une "provocation" des forces de Kiev. "Toutes les déclarations des représentants du régime nationaliste de Kiev sur le fait que la Russie a mené une attaque de missile contre la gare ferroviaire de Kramatorsk sont une provocation et ne correspondent pas à la vérité", a dit le ministère de la Défense, affirmant même que seules "les forces armées ukrainiennes" utilisent ce type de missile "Totchka-U".

Selon l'AFP, l'expression "Pour nos enfants" était inscrite sur le missile, en russe, à la peinture blanche. Des mots utilisés de façon récurrente par les séparatistes pro-russes en référence à leurs enfants tués depuis la première guerre du Donbass, commencée en 2014.

Des centaines de civils fuyaient la ville

A Kramatorsk, des milliers de personnes sont évacuées depuis plusieurs jours vers le reste du pays depuis cette gare, face à la menace d'une offensive russe majeure.

Un journaliste de l'AFP a vu les corps dans des sacs mortuaires d'au moins 20 personnes. Présent sur place plus tôt, il avait constaté que des centaines de personnes espéraient encore y trouver un train pour quitter la ville.

Poutine se concentre sur le Donbass

Confrontée à une farouche résistance ukrainienne qui a empêché ses forces de prendre Kiev, la Russie avait annoncé fin mars se concentrer sur le Donbass, dans l'est de l'Ukraine. Ce bassin minier majoritairement russophone est déchiré depuis 2014 par une guerre entre les forces de Kiev et des séparatistes armés et soutenus par Moscou.

L'objectif affiché est désormais de s'emparer de cette région culturellement et géographiquement plus proche de la Russie, que les rebelles prorusses ne contrôlent qu'en partie.

Avec AFP