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Il craignait que l'Amérique attaque la Chine: qui est le général Mark Milley, le militaire qui s'est rebellé contre Donald Trump?

"LE PORTRAIT DE POINCA" - Le général Mark Milley, chef d'état-major de l'armée américaine. On apprend qu’il s’est rebellé contre Donald Trump à la fin de son mandat.

Le grand patron de l’armée américaine, le général Mark Milley, a sérieusement eu peur que Donald Trump déclenche une guerre pour s’accrocher au pouvoir.

Bob Woodward, le pape du journalisme d’investigation aux Etats-Unis, vient de publier le script d’une conversation que le chef d’état-major a eu avec Nancy Pelosi, la présidente de la chambre des représentants. Elle lui dit, “je pense que Trump est fou”. Et le militaire répond: “Je suis parfaitement d’accord”.

Le général a convoqué tout son état-major et il a ordonné à ces hauts gradés d’en référer à lui, s’il recevait l’ordre du président d’attaquer la Chine ou bien de déclencher une frappe nucléaire. Il a regardé les officiers un par un dans les yeux en leur demandant: ”Est ce que vous m’avez bien compris?”

Puis il a pris l’initiative d'appeler son homologue chinois pour lui dire: ”Je peux vous assurer que tout va bien se passer”.

Il a même appelé deux fois Pékin. Une première fois juste après l'élection, lorsque Trump contestait les résultats, et une deuxième fois en janvier lorsque les partisans de Trump ont attaqué le Capitol. Au même moment, il a aussi demandé à la patronne de la CIA de surveiller le président le plus possible.

Des responsabilités de le fiasco de Kaboul

Des actes de rébellion tout à fait uniques dans les annales militaires, venant d’un soldat droit dans ses bottes et à la carrière parfaite. Fils de militaire lui-même, il a servi dans les paras et dans les forces spéciales. Il a participé aux interventions, au Panama, en Haïti, en Bosnie, en Irak et en Afghanistan. Il a fait toutes les guerres américaines depuis 40 ans. Jusqu'à être nommé en 2018 par Donald Trump a la tête des armées américaines.

Et Joe Biden l’a confirmé à son poste, mais le général doit sans doute le regretter. Il aurait pu rester dans l'histoire comme celui qui a préservé le pays au moment où Donald Trump risquait de faire des bêtises. Mais comme il est toujours chef d’état-major, et bien, il restera sans doute plutôt comme le premier responsable du fiasco de Kaboul. La débandade de l'armée américaine après 20 ans de guerre en Afghanistan. Il sera aussi tenu pour responsable de la mort de 13 jeunes militaires américains lors du dernier attentat.

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De nombreuses voix ont demandé sa démission ces derniers jours. A 63 ans, il est plus près de la retraite que d’une augmentation.

Nicolas Poincaré