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Iran: une championne d'échecs, Sara Khadem, s’exile pour ne plus avoir à porter le voile

Dans "Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré raconte l’histoire de la championne d'échecs iranienne Sara Khadem, qui a quitté son pays pour ne plus avoir à porter le voile.

Une championne d'échecs iranienne s’est exilée pour ne plus avoir à porter le voile. Elle s’appelle Sara Khadem, elle a 25 ans seulement et déjà un palmarès impressionnant. Un palmarès qui pouvait faire la fierté des Iraniens, dans un pays où les échecs sont une passion.

Elle fait partie des 20 meilleures joueuses du monde, Elle est grand maitre internationale féminine et maitre international catégorie hommes et femmes.

En décembre dernier, elle a participé aux championnats du monde de parties rapides qui avaient lieu au Kazakhstan et elle est apparue sans foulard. Elle n’a pas fait de commentaire mais c’était évidemment un signe de soutien à la révolte en cours en Iran après la mort d’une lycéenne, tuée par la police pour avoir mal porté son voile…

Aussitôt après cette partie d'échecs, cheveux au vent, la jeune championne a compris qu’elle était désormais en danger. On a vu des gardes du corps garder sa chambre d'hôtel au Kazakhstan.

Finalement, elle est rentrée à Téhéran mais quelques jours après, elle a réussi a quitté le pays avec son bébé et son compagnon qui est un rappeur iranien, qui a lui-même déjà fait de la prison pour délit d’opinion. La famille s’est installée en Espagne et ce week-end dans une interview à El Pais, Sarah Kadhem a confirmé qu’elle avait quitté le pays pour ne plus avoir à porter le voile… Avec ce foulard, a-t-elle dit, "je ne suis pas moi-même".

Un jeune champion iranien s’est installé en France

Sarah Kadhem a également apporté son soutien à un autre champion d'échecs qui s’est exilé, Alireza Firouzi, qui a 19 ans seulement et qui est n°4 mondial. Il a même été n°2 à 18 ans, ce qui n’était jamais arrivé. Il a quitté l’Iran il y deux ans, avant la révolte actuelle, mais aussi pour des raisons politiques. La fédération iranienne d'échecs lui interdisait de jouer contre des adversaires israéliens ou américains. Ce qui l’obligeait régulièrement à déclarer forfait dans des tournois.

Pour échapper à ces interdictions, il a choisi de s’installer en France. Il joue désormais pour le club de Chartres. Et il a obtenu l’an dernier la nationalité française. Beaucoup voient en lui un futur n°1 mondial. Ce serait le premier Français champion du monde d'échecs.

Nicolas Poincaré