RMC

L’Italie débordée par l’afflux de migrants: "Depuis notre arrivée on ne s’est pas lavé, pas brossé les dents"

Les ministres européens de l'Intérieur se réunissent aujourd'hui à Tallinn en Estonie pour évoquer la question migratoire et trouver une façon de soulager les Italiens, actuellement en première ligne dans l'accueil des migrants.

L'Italie, sous pression, a exigé en début de semaine de l'aide de la part de ses partenaires pour le sauvetage et l'accueil des migrants. En l'absence de réponses concrètes à cette situation de crise, le pays menace même de fermer ses ports.

Selon le Ministre de l'Intérieur italien, 12 600 personnes ont été sauvées puis transférées en Italie, rien que la semaine dernière! 80 000 au total sur les six premiers mois de l'année 2017.

Parmi les principaux ports de débarquement, il y a celui de Reggio de Calabria, capitale de la Calabre, tout au sud de l'Italie (en face de la Sicile). En une semaine, 1 453 migrants ont été débarqués. Sur place les autorités sont dépassées, les centres d'accueil de la ville sont saturés, notamment pour mineurs non accompagnés. Résultat : 125 adolescents, sans famille, des Erythréens, des Gambiens, des Sénégalais ou encore des Guinéens, sont obligés de rester à quai, livrés à eux-mêmes sur le port.

"L’Europe doit s’associer pour nous venir en aide"

Sur place, Sekho marche vite. Il veut nous montrer où il dort depuis dimanche dernier. Sous une grande tente, des lits de camp sont alignés les uns à côté des autres. Le jeune guinéen n'en peut plus. "Ici on dormait à terre. Depuis notre arrivée, on ne s’est pas lavé, on ne s’est pas brossé les dents. C’est énervant. On ne devrait pas rester ici. On doit être bien encadré, dans de bonnes mains".

Pas le choix. Il n'y a pas de place pour lui dans les centres d'accueil de la ville. Du haut de ses 17 ans, il interpelle la France et ses voisins. "L’Europe doit s’associer pour nous venir en aide. Est-ce que vous comprenez?"

Deux tentes plus loin, d'autres jeunes attendent pour être soignés. Premiers soins, kits sanitaires, sur place les associations font tout ce qu'elles peuvent pour apporter leur aide. Pour Jean-Pierre Foschia le coordinateur médical de médecins du monde en Calabre, il y a urgence. "Les centres d’accueil sont pleins. Et vu le nombre de personnes qui débarquent, de plus en plus nombreux, de plus en plus de mineurs, le système se sature. On ne sait pas encore si ces mineurs vont être déplacés quelque part, s’ils vont avoir un toit. Si un bateau débarque ici, je ne sais pas comment la préfecture va pouvoir organiser l’accueil de ces personnes". Même si il n'a pas encore été confirmé par les autorités italiennes le prochain débarquement pourrait avoir lieu dès ce week-end.

Marie Monier (avec A.M.)