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Malle, avions et aucun regret... pour la première fois Carlos Ghosn raconte son évasion du Japon en 2020

Plus d'un an et demi après sa fuite extraordinaire du Japon, Carlos Ghosn dévoile pour la première fois les détails de cette évasion.

Pour la première fois, l'ancien patron de Renault Nissan Carlos Ghosn, raconte son évasion vers le Liban dans une interview à la BBC mercredi. Des détails croustillants, sans exprimer le moindre regret. Un plan bien réfléchi, digne d'un blockbuster américain, incluant sa dissimulation rocambolesque dans la fameuse malle à instrument de musique.

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Pour rappel, l'ex-magnat de l'automobile a été mis en examen à quatre reprises et passé plusieurs mois dans les geôles japonaises pour des malversations financières, notamment pour avoir omis de déclarer 73 millions d'euros de salaire. Il encourt jusqu’à 15 ans de prison au Japon.

La première étape de son évasion était de se rendre à Osaka, à 500 kilomètres de Tokyo. C’est là-bas qu’attend l’avion qui va lui permettre de fuir le pays. Carlos Ghosn veut passer inaperçu, il se procure un survêtement, et se faufile en catimini dans un train jusqu’à un hôtel de la ville.

“Les 30 minutes les plus longues de ma vie”

L’ex-PDG de Renault se glisse alors dans un caisson pour instrument accompagné de deux hommes déguisés en musiciens. Discret, car il y avait beaucoup de concerts au Japon en cette période précise l’ex-chef d’entreprise à la BBC. Carlos Ghosn embarque, toujours recroquevillé dans sa malle, et va attendre, caché là, que l’avion décolle, “les 30 minutes les plus longues de ma vie”, assure-t-il.

L’homme alors en cavale atterri d’abord en Turquie où il change d’avion pour finalement arriver au Liban. Un récit digne d’un film d’action mais pas de regrets, “simplement une pensée pour toutes les personnes otages de la justice japonaise”, assume-t-il. 

Romain Houg avec Guillaume Descours