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Manifestations en Algérie: "On va continuer, même si ça doit durer deux, trois ans!"

Plusieurs milliers de personnes sont une nouvelle fois allées manifester à Alger et dans d'autres villes du pays pour réclamer le départ de tous les membres du clan du président Abdelaziz Bouteflika.

Nouveau vendredi de manifestation en Algérie. Des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour dire stop au clan du président Bouteflika. Des rassemblements qui se sont globalement déroulés dans le calme, même si, dans la capitale, les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes en fin de mobilisation pour disperser la foule. 

À Alger, la foule impressionnante a convergé vers le centre de la ville, en criant sa colère, drapeaux algériens en main. Dalila, une grand-mère tient la main de son petit-fils pour lui montrer ce moment historique.

"Vieux, jeunes, tout le monde est sorti. Ça me rappelle l’indépendance parce qu’on était comme ça, on était heureux, tout le monde frère et sœur et la main dans la main, comme aujourd’hui", explique-t-elle.

Des Algériens unis

Un peu plus loin dans le cortège, Nadia, une jeune algérienne de 23 ans, casquette aux couleurs de son pays sur la tête, est venue pour une raison. "Pour dire non à la corruption, pour demander à cette mafia de partir. Et on demande notre liberté, on veut une Algérie libre", affirme la jeune femme. 

Et ce ne sont pas les annonces des autorités qui vont calmer la rue. Que l’armée réclame aujourd’hui le départ d’Abdelaziz Bouteflika, c’est de l’hypocrisie pour ce jeune Algérien.

"Ils nous dribblent, c’est comme si on jouait au football, chaque jour ils nous sortent quelque chose. Mais nous, le peuple algérien, on est plus intelligent qu’eux. On va continuer, même si ça doit durer deux ans, trois ans, des marches pacifiques, jusqu’à ce qu’il parte", précise-t-il. 

Pour lui, le président Bouteflika aura au moins réussi une chose: rassembler et unir les Algériens.

Nicolas Ropert et Marie Regnier avec Guillaume Descours