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Missile en Pologne: le récit d’une nuit de grande tension internationale

Dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story, Nicolas Poincaré fait le point sur ce que l’on sait après la mort de deux personnes en Pologne, près de la frontière ukrainienne, à la suite de la chute d’un missile.

Une explosion a fait deux morts ce mardi en Pologne, dans un village à six kilomètres de la frontière ukrainienne. Il semble ce mercredi matin que les Russes ne sont pas à l’origine de ce tir. C’est donc une affaire qui pourrait se dégonfler après une nuit de grande tension.

Après l’explosion, Varsovie a réuni un conseil de défense et a relevé le niveau d’alerte de ses unités de combat. Mais la Pologne n’a pas officiellement accusé la Russie. Dans la nuit tout de même, il a simplement été confirmé qu’un projectile de fabrication russe a atteint son territoire. Varsovie disait un missile de fabrication russe, pas un missile russe.

Depuis Bali où il se trouve pour le G20, le président américain Joe Biden a indiqué ce mercredi matin que d'après les premières études de la trajectoire, il est improbable que le tir soit russe. L’agence américaine AP avance une hypothèse en citant des responsables américains: l’explosion serait due au tir par les Ukrainiens d’un missile anti-missile, qui serait donc par erreur retombé sur la Pologne en tentant d’intercepter un missile de croisière russe.

Les déclarations de Joe Biden ont donc fait retomber la tension, qui était très vive. Mardi soir, l'Ukraine avait accusé la Russie d'être à l’origine de ce tir et avait demandé une réunion immédiate de l’Otan pour envisager des représailles. Le président Zelensky avait même déjà envisagé une montée en puissance de l’aide militaire de l’Otan à son pays, parlant des avions de combat qu’il espérait se voir livrer.

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Les premières analyses semblent disculper la Russie

D’autres pays européens, comme la Hongrie et les pays baltes, avaient fait part d’une très grande inquiétude. Mais Washington et Paris ont très vite appelé à la prudence… Emmanuel Macron a demandé des vérifications quant à l’origine de ses explosions.

Quant aux Russes, ils ont très vite démenti et parlé de provocations destinées à aggraver la situation. Moscou a affirmé que ce mardi, aucune frappe n’a visé de cible près de la frontière entre l'Ukraine et la Pologne.

On a les moyens de savoir exactement ce qu’il s’est passé. Il faut donc s’attendre à ce qu’on en sache plus dans les heures qui viennent. Le ciel à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne est l’espace aérien le plus surveillé du monde. Les Américains ont braqué tous leurs radars sur la région. Les Français envoient tous les jours des avions Rafale qui décollent de France pour aller faire des ronds au-dessus de cette frontière. Les Britanniques font la même chose.

Les services de renseignement de l’Otan ont donc très vite été fixés. Et leurs premières analyses semblent disculper la Russie. Les enjeux sont très importants. Parce que si la Russie avait été accusée d’avoir bombardé l'Europe, il aurait fallu en tirer les conséquences. Avec un risque évident d’escalade.

Une réunion de l’Otan au niveau des ambassadeurs avait déjà été programmée ce mercredi matin. Elle devait évoquer l’article 4 de sa charte. C’est l’article qui prévoit que les pays membres doivent “se consulter” chaque fois que l'intégrité territoriale ou la sécurité d’un de ses membres est menacée.

La consultation aura bien lieu. Mais probablement pour acter le fait que l'Europe et l’Otan n’ont pas été attaquées par la Russie ce mardi soir.

Nicolas Poincaré