RMC

Pologne: des doutes sur l'origine du missile qui a tué deux personnes

Une image de débris après l'explosion en Pologne.

Une image de débris après l'explosion en Pologne. - BFMTV

La Pologne a été frappée par un missile qui a fait deux morts, ce mardi. Si le pays a d'abord décrit un projectile "très probablement de fabrication russe", des doutes sur l'origine du tir demeurent. Moscou, de son côté, dément catégoriquement toute implication.

La Pologne, pays membre de l'Otan, a été frappé mardi soir par un "projectile de fabrication russe" qui a tué deux personnes dans le sud-est du pays, près de la frontière avec l'Ukraine, selon les autorités polonaises. Le président polonais a déclaré dans la nuit que son pays n'avait pas encore de "preuve univoque" sur l'auteur du lancement. Le Premier ministre polonais a quant à lui lancé un appel au calme.

Les Polonais ont annoncé saisir l'Otan. Une réunion d'urgence des ambassadeurs de l'Otan est prévue ce mercredi.

Spécialiste des questions militaires, le colonel Michel Goya ne croit pas à l'hypothèse de frappes russes qui visaient délibérément la Pologne.

“Il y a eu une grande campagne de frappes toute la journée. Pratiquement une centaine de missiles tirés, des drones certainement qui ont été utilisés. Ça arrive souvent les erreurs, les pannes… Un certain nombre de projectiles ont connu des ratés et ces deux ont atterri malheureusement en Pologne”, explique-t-il.

La thèse de l'accident, crédible?

Moscou réfute pourtant toute responsabilité. Ce qui n’étonne pas Michel Goya. “En niant, les Russes essaient au moins de calmer le jeu. S’ils avaient revendiqué, là, on était dans quelque chose d’un tout autre registre qui était celui de l’agression caractérisée”, appuie-t-il.

La thèse accidentelle est crédible, mais elle n'enlève rien à la gravité des faits, analyse le politologue Olivier Védrine.

“Maintenant, on sait que l'Union européenne, nous aussi, on peut être frappé. Donc il va y avoir un impact politique et cet impact politique va nous rapprocher des Ukrainiens et va peut-être nous faire comprendre qu’il faut continuer d’aider l’Ukraine et peut-être même de l’aider encore plus”, assure-t-il.

Le président Emmanuel Macron s'est entretenu dans la nuit de mardi à mercredi avec le Premier ministre polonais et a offert le "soutien de la France" à la Pologne.

"Compte-tenu des enjeux, il est logique qu'on aborde la question avec la plus grande prudence", a souligné la présidence française en marge du sommet du G20 à Bali en Indonésie, en rappelant que "les risques d'escalade sont importants". "Il faut regarder les faits de manière très précise, regarder les informations, les cartes du ciel, voir les relevés satellites. C'est une affaire sur laquelle on ne peut pas se tromper", a poursuivi un autre conseiller présidentiel.

La Pologne a relevé mardi soir le niveau d'alerte de ces unités militaires.

Nicolas Ropert avec Guillaume Descours