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"Routes d'Europe": en Allemagne, ces migrants modèles d'intégration

Depuis 2015, Berlin a accueilli plus d’un million de migrants. Une arrivée sans précédent qui a créé des tensions à l’intérieur de la société allemande. Pourtant les économistes allemands sont formels: cette vague migratoire a été utile à l’économie allemande. Aujourd’hui ces migrants sont dans leur grande majorité intégrés.

Comme un vrai Berlinois, c’est à vélo qu’Anas se déplace. Ce réfugié syrien est arrivé en 2014 en Allemagne et 5 ans plus tard, son allemand est parfait: "Je viens d’Alep. Là-bas jusqu’en 2012, je faisais des études d’ingénieur. J’ai malheureusement dû arrêter parce que j’ai participé à la révolution".

"Quand je rentre à Berlin, j’ai l’impression d’être à la maison"

Dès son arrivée en Allemagne, Anas a tout fait pour s’intégrer. L’apprentissage de la langue pour commencer. Ensuite un emploi dans une banque. Une intégration exemplaire.

"Depuis que je suis arrivé ici, je me suis fait beaucoup d’amis allemands. Je me suis même fiancé avec une Allemande. Avant, je touchais l’aide sociale mais maintenant je paie des impôts en Allemagne. Aujourd’hui, quand je rentre à Berlin, j’ai l’impression d’être à la maison".

Et justement, pour faciliter cette intégration, un café, quelques tables, des fauteuils, une bibliothèque. C’est Ahmed, un réfugié syrien qui a ouvert ce bistro pour qu’Allemands et étrangers puissent se rencontrer: "Un endroit comme ici permet d’instaurer un dialogue. Les gens peuvent se rencontrer et apprendre à se connaître. Ils voient ce que l’on fait et ça créer des liens".

"On aimerait bien que tous les Allemands nous acceptent en tant qu’êtres humains"

Car depuis l’arrivée d’un million de migrants en 2015, certaines tensions sont nées avec des Allemands, reconnaît Ahmed.

"Nous voulons simplement avoir une vie stable. Nous ne voulons pas faire changer la culture ou l’identité de l’Allemagne. On aimerait bien que tous les Allemands nous acceptent en tant qu’êtres humains".

Pourtant, d’un point de vue économique, l’arrivée de migrants a été bénéfique pour l’Allemagne, plaide le patronat. Plus de la moitié d’entre eux a trouvé un emploi. Une satisfaction pour la militante Verte Katharina Weyandt: "Les patrons disent qu’il nous faut des migrants. Ils aident l’économie. Et le nombre qui ont déjà trouvé un vrai emploi est impressionnant".

Malgré tout, les réfugiés ont souvent la sensation de ne pas être les bienvenus. Depuis le début de la campagne, les affiches pour réclamer leur départ fleurissent un peu partout dans les rues.

Thomas Chupin et Nicolas Ropert (avec Caroline Petit)