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"Routes d'Europe": le populisme, une tentation pour les Allemands de Chemnitz

Cette semaine, nos envoyés spéciaux sont en Allemagne. Ce lundi, ils se sont rendus à Chemnitz où le parti populiste AFD, Alternative für Deutschland recueille de plus en plus l'adhésion de la population.

Au beau milieu d’un trottoir, une plaque commémorative. Dessus: "Pour Daniel, le 26 août 2018". Cette histoire est devenue presque un argument de campagne pour le parti populiste Alternative für Deutschland (AFD). Un habitant de Chemnitz tué par un migrant. C’était l’an dernier. L’AFD dont Diana Krabe est la représentante ici récupère froidement ce fait divers: "C’est d’une certaine manière un symbole. La preuve de la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Nous voulons juste vivre en sécurité dans notre pays. Moi je ne veux pas laisser mes enfants jouer dans un parc en ayant peur de ne jamais les revoir un jour".

Insécurité, afflux de migrants, voilà les principaux thèmes de campagne de l'AFD. Des thématiques qui séduisent un électeur sur quatre ici à Chemnitz. "Les autorités ont laissé rentrer beaucoup trop de migrants. 1 million! Je pense qu’il faut fermer les frontières. C’est pour ça que je vote pour l’AFD", assure un habitant. Même opinion pour une autre passante: "Beaucoup de migrants sont rentrés sans avoir été contrôlés. Beaucoup sont en situation irrégulière. Ça doit changer".

"Les citoyens allemands veulent un parti qui représente véritablement leurs intérêts"

Dans le discours de l’AFD, notamment celui de Diana Krabe, on retrouve les attaques traditionnelles contre l’Union européenne: "Nous voulons nos propres lois, notre propre liberté. Nous souhaitons simplement être un Etat pleinement souverain. Les citoyens allemands veulent un parti qui représente véritablement leurs intérêts. Pas celui des Grecs ou des migrants mais ceux du peuple allemand".

Pour combattre ces idées populistes, on brave le froid, la neige tombée ce week-end, on sort la guitare, petit festival pro-migrants avec quelques associations dont celle de Nadine: "On sent que ces idées sont en plein boom. Beaucoup de jeunes trouvent ça cool. On peut désormais avoir des paroles ouvertement racistes ou nationalistes. Il y a une défiance de l’autre, de l’étranger, c’est effrayant".

D’autant plus que l’AFD n’a même pas besoin de faire campagne sur le terrain. Le parti est très discret en ville, peu d’affiches. C’est plutôt sur Internet, sur les réseaux sociaux que le discours passe.

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Nicolas Ropert et Thomas Chupin