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Steve Bannon, ex-conseiller de Trump, condamné à quatre mois de prison

L'ancien conseiller de Donald Trump Steve Bannon, à Washington, le 15 novembre 2021

L'ancien conseiller de Donald Trump Steve Bannon, à Washington, le 15 novembre 2021 - ANDREW CABALLERO-REYNOLDS © 2019 AFP

L'ancien conseiller de Donald Trump a été condamné à 4 mois de prison pour son refus de collaborer avec la justice dans le cadre de l'enquête parlementaire sur l'assaut du Capitole.

Steve Bannon, qui fut un influent conseiller de Donald Trump à la Maison Blanche, a été condamné vendredi à quatre mois de prison pour avoir refusé de coopérer avec l'enquête parlementaire sur l'assaut du Capitole. Cet homme de 68 ans, figure du populisme de droite aux Etats-Unis, a immédiatement fait part de son intention de faire appel, ce qui suspend l'application de la sentence.

Il a donc pu ressortir libre du tribunal. Devant les caméras, il a assuré "respecter la décision du juge" mais a tout de suite glissé sur le terrain politique: "Le 8 novembre sera le jour du jugement du régime illégitime de (Joe) Biden (...) et l'on sait comment cela va finir", a-t-il lancé en référence aux élections de mi-mandat, dans lesquelles les démocrates pourraient perdre leur contrôle du Congrès.

Citant plusieurs membres de la commission d'enquête sur le 6 janvier, chargée de faire la lumière sur le rôle de Donald Trump dans le coup de force de ses partisans, Steve Bannon a prédit qu'ils "seraient battus".

Refusant de répondre aux assignations de cette commission, il avait été reconnu coupable, en juillet, d'entrave aux prérogatives d'enquête du Congrès. Les procureurs avaient ensuite requis six mois de détention, épinglant son "mépris" et sa "mauvaise foi" tout au long de la procédure. Ses avocats avaient demandé une peine de liberté conditionnelle ou d'assignation à résidence.

Le juge Carl Nichols a finalement opté pour quatre mois de prison, assortis d'une amende de 6.500 dollars: "Respecter le Congrès est une composante importante de notre système constitutionnel", a-t-il justifié, en soulignant que Steve Bannon n'avait, à ce jour, toujours produit "aucun document, ni livré aucun témoignage" à la commission.

Artisan de la victoire de Trump en 2016

Féroce contempteur de l'establishment, Steve Bannon, qui a été banquier d'affaires ou encore directeur du site d'information de droite radicale Breitbart, est considéré comme l'un des artisans de la victoire de Donald Trump de 2016.

Devenu l'un des puissants conseillers du président, il avait été écarté de la Maison Blanche en août 2017 après des violences d'extrême droite à Charlottesville, en Virginie.

Mais il était resté proche du milliardaire républicain et avait encore échangé avec lui le 5 janvier 2021, à la veille de l'attaque contre le siège du Congrès. Après leur conversation, il avait prédit un déferlement de "tout l'enfer" le lendemain à Washington.

Pour connaître la teneur de leurs discussions, la commission d'enquête parlementaire avait assigné Steve Bannon à témoigner et à produire des documents. Il avait refusé, invoquant le droit des présidents et des membres de l'exécutif à garder certaines conversations secrètes.

Mais Donald Trump n'a pas invoqué ce droit et Steve Bannon, qui "était un citoyen privé le 6 janvier", ne peut pas s'en prévaloir, a souligné le juge Nichols.

Lors de son procès en juillet, Steve Bannon n'a produit aucun témoin et n'a pas pris la parole. Les jurés l'ont déclaré coupable après moins de trois heures de délibérations.

Gracié par Trump dans une affaire de fraude

Steve Bannon est par ailleurs poursuivi pour fraude par la justice new-yorkaise dans le cadre d'une enquête sur une levée de fonds pour construire un mur entre les Etats-Unis et le Mexique, l'une des principales promesses de campagne de Donald Trump.

Il avait déjà été mis en cause dans ce dossier par la justice fédérale, avant d'être gracié par Donald Trump dans les derniers jours de sa présidence.

L'ancien président fait lui-même l'objet de plusieurs enquêtes et la commission du 6 janvier a annoncé qu'elle allait l'assigner à comparaître.

Ses membres, sept démocrates et deux républicains, doivent publier un rapport sur leurs travaux d'ici la fin de l'année, dans lequel ils pourraient préconiser d'inculper l'ancien président. La décision reviendra in fine au ministre de la Justice Merrick Garland, un homme prudent qui n'exclut rien.

G.D. avec AFP