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"Elle vit, elle vibre!": les horlogers à pied d'oeuvre pour reconstruire l'horloge de Notre-Dame, détruite lors de l'incendie

Moins médiatisé que le coq ou la flèche, l'horloge de Notre-Dame datant de 1867 a pourtant été totalement détruite dans l'incendie. L'horloger de la cathédrale se bat désormais pour la reconstruire à l'identique.

Reconstruire Notre-Dame oui ! Mais sans oublier son horloge. C'est l'appel d'horlogers passionnés qui veulent initier un mouvement pour reconstituer son mécanisme, alors que les députés examinent aujourd'hui le projet de loi sur la reconstruction de la cathédrale, plus de trois semaines après l'incendie.

L'étonnante machine qui commandait les 4 cadrans de la cathédrale, datant de 1867, a été complètement détruite par l'incendie du 15 avril dernier. Un objet caché, situé sous la flèche, invisible au public, dont la disparition sous les gravats a été peu médiatisée.

"Pour moi c'est une œuvre d'art"

Mais les initiés espèrent bien qu'elle sera reconstruite. Olivier Chandez, l’horloger de la cathédrale refuse même d’en parler au passé : "Pour moi c’est une œuvre d’art. Cela va même au-delà d’une peinture ou d’une sculpture, elle vit, elle vibre !", s’émeut-il au micro de RMC.

Pour la reconstruire, il a fait appel à des experts et des artisans spécialisés. "C’était une horloge qui était prévue pour marcher des siècles. Elle a été fabriquée il y a 151 ans, on a les compétences pour refaire tous les composants à l’identique", explique Jean-Baptiste Viot, un horloger spécialisé, qui refuse d’entendre parler de délais de 5 ans.

"Dommage de bâcler le travail en 5 ans alors qu’on peut le faire en 20 ou en 40 ans"

"Pourquoi faire un challenge pour reconstruire une cathédrale ? On aurait une magnifique vitrine pour faire travailler tous les gens qui travaillent dans le patrimoine. Ça serait dommage de bâcler le travail en 5 ans alors qu’on peut le faire en 20 ou en 40 ans. L’important c’est la transmission, ce n’est pas de fabriquer une nouvelle cathédrale pour les JO de 2024", s’agace-t-il.

Les députés doivent étudier plusieurs questions ce vendredi : déduction fiscale pour les donateurs, assouplissement des normes d'urbanisme pour accélérer les travaux, en tout neuf articles sont au programme des discussions.

Trois semaines après l’incendie, le risque de chute de pierre reste important à l’intérieur de l’édifice. D’immenses filets de sécurité ont été mis en place et aucun ouvrier du chantier n’a d’accès à la nef.

Romain Poisot (avec Guillaume Dussourt)