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1er-Mai sous tension: "On a la crainte de ne pas s'en sortir", confie un policier

Plus de 7.400 policiers et gendarmes seront déployés pour sécuriser les manifestations du 1er-Mai à Paris. Une journée que craignent certains policiers qui seront déployés sur le terrain ce mercredi.

Le mot d'ordre: "mobilité, réactivité et interpellation systématique", principalement à Paris où les 7.400 forces de l'ordre ont pour consigne d'aller au contact de manière autonome, certains à bord de 190 motos qui sillonneront la capitale.

Pour les aider à agir vite ils seront aidés de drones. Une détermination affichée des autorités à contrer les "1.000 à 2.000 activistes radicaux" qui pourraient venir, dont des dizaines de blacks blocs venus de l'étranger. En amont des contrôles ont eu lieu déjà hier dans les gares, les plaques d'immatriculation de certains véhicules sont aussi contrôlées.

Plusieurs personnes ont été interpellées dès hier matin et leur matériel confisqué, comme une matraque, ou des couteaux. L'anticipation est donc le maître mot, des potentielles caches où pourraient se trouver du matériel dangereux sont aussi vérifiées: dans des halls d'immeubles par exemple.

"La présence des black blocs est une peur"

Mais certains policiers comme Nicolas ne cachent pas leur anxiété pour cette Fête du Travail qui s'annonce tendue:

"On a peur d'avoir des collègues blessés voire pire. Ce serait d'avoir à revivre ce qu'on a vécu il y a deux ans avec un collègue CRS qui a fait office de torche humaine. La présence des black blocs est une peur, une appréhension parce que c'est systématiquement à cause d'eux qu'il y a ces débordements que l'on vit depuis 6 mois. On a l'appréhension de ne pas s'en sortir. On ne sait pas du tout à quoi s'attendre".

L'an dernier, lors du 1er mai, 1.200 militants radicaux avaient perturbé la manifestation parisienne de bout en bout par de violents heurts, après avoir annoncé une "journée en enfer". Au total, 109 personnes avaient été placées en garde à vue, une trentaine de commerces dégradés ou incendiés et des véhicules brûlés.

Gwladys Laffitte avec Paulina Benavente