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Ado agressée dans un bus à Nice: "On nous dit de ne pas sortir de la cabine", témoigne un conducteur

La mère d'une adolescente de 14 ans, agressée sexuellement dans un bus de Nice en 2019, porte plainte contre la compagnie estimant que rien n'a été fait pour protéger sa fille. L'auteur des faits, reconnu irresponsable pénalement, n'a pas été condamné par la justice et placé en hôpital psychiatrique.

Une compagnie de bus et un chauffeur se retrouvent sur le banc des prévenus au tribunal judiciaire de Nice. Ils sont poursuivis par la mère d'une adolescente agressée dans un bus qui leur reproche de ne pas être intervenus. En 2019, alors qu'elle rentrait du collège, sa fille de 14 ans avait subi des attouchements sexuels de la part d'un passager âgé d'une trentaine d'années.

Selon sa mère, l’adolescente "essayait de se débattre, mais elle n'avait pas de force", face un individu de plus en plus violent avant qu'un passager ne finisse par s'interposer. Alerté, le chauffeur de bus n'aurait pas réagi: "Une dame lui a dit d'appeler la police. Le chauffeur de bus a répondu qu'il n'en avait rien à faire, qu'il voulait rentrer chez lui, finir son service", raconte la mère de la victime à BFM Nice.

"L'entreprise est responsable, on lui confie la responsabilité de transporter en sécurité nos enfants"

Sur le plateau des "Grandes Gueules", on s'interroge sur la responsabilité du chauffeur et de la compagnie, alors que l'agresseur, jugé irresponsable n'a pas été condamné par la justice et a été placé au sein d'un hôpital psychiatrique.

"Ce qui pose un problème, c'est que la mère attaque la compagnie et pas la personne", déplore Kaouther Ben Mohamed sur le plateau des "Grandes Gueules". "La compagnie a une responsabilité. Quand on confie son enfant mineur dans un bus conduit par un adulte, l'entreprise est responsable, on leur confie la responsabilité de transporter en sécurité nos enfants", assure a contrario Olivier Truchot.

Les compagnies découragent-elles les interventions?

"Je peux comprendre le chauffeur de bus", explique sur RMC et RMC Story Mickaël, chauffeur de bus dans le Var. "Je suis déjà intervenu pour des bagarres et on m'a demandé pourquoi je l'avais fait, on nous dit d'utiliser juste le bouton d'alerte et de ne pas sortir de notre cabine", raconte-t-il.

"C'est facile de dire qu'on arrête le bus mais on sait que l'entreprise va nous demander des comptes", explique le chauffeur de bus.

"C'est facile d'arrêter le bus, de crier, d'appeler la police"

"Mettez-vous à la place du chauffeur au moment de l'action, on donne des leçons à tout le monde", déplore l'ancien policier du Raid Bruno Pomart. Mais Mehdi Ghezzar estime qu'il y a toujours un moyen d'agir: "Il y a une enfant de 14 ans qui se fait agresser. Le chauffeur n'est pas Rambo mais c'est très facile d'arrêter le bus, de crier, d'appeler la police, tu fais quelque chose! Tu ne continues pas à rouler pour rentrer vite chez toi!", appelle-t-il.

Aujourd'hui, la mère de l'adolescente réclame désormais 50.000 euros de dommages et intérêts à la compagnie de bus.

G.D.