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Affaire Théo: "il y a des risques que ça s’enflamme, mais on est là pour assurer la sécurité publique"

Ce week-end, des violences ont éclaté à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, à Argenteuil, dans le Val-d'Oise et à Corbeil, en Essonne, en réaction à l'affaire Théo. Fabien, qui travaille pour la Bac dans ce département, confirme les tensions.

La tension ne retombe pas, plusieurs jours après le début de l’affaire Théo, et les violences qui l’accompagnent. Depuis une semaine, Fabien, policier de la Bac de nuit en Essonne, doit composer sur le terrain avec les conséquences de l'affaire Théo. "Au moindre contact avec la population, l’affaire ressort très vite. Il suffit que vous engagiez la parole au bout de deux minutes, ou des invectives ou des propos concernant cette affaire vont ressortir. Forcément, ils sont en but avec nous".

"On va nous reprocher ce qui s’est passé à Aulnay, alors que nous on n’y était pas"

Comme mercredi dernier, quand il intervient dans une cité après le caillassage d'un véhicule de police. "Les jeunes ne viennent pas au contact. De loin on les entend nous invectiver, et la première chose qu’on entend c’est ‘Théo! Théo! Théo!’. On sent qu’il y a de l’énervement de leur côté, et qu’il y a de la tension de notre côté, parce qu’on vient de se faire caillasser. Et qu’on est quand même dans une cité et qu’on risque de se faire prendre à partie. Tout le monde est en méfiance, et dès qu’on contrôle quelqu’un, tous les sous-entendus sont là: ‘faites attention vous allez glisser’, on va nous parler de notre matraque, on va nous parler d’acte sexuelle, de pénétration dans l’anus. On va nous reprocher ce qui s’est passé à Aulnay, alors que nous on n’y était pas".

Même si la situation est plus tendue. Fabien est habitué à ces affrontements avec les jeunes. Il était déjà en poste lors des émeutes de 2005. "Il y a des risques que ça s’enflamme. On paie une situation qui n’est pas du fait de Aulnay. On paie une relation qui est vieille de 30 ou 40 ans où on a des relations tendues. Dans les cités, il y a un certain trafic qui se fait, et on est là pour les emmerder. Ils n’aiment pas trop nous voir, on dérange le business. Ce n’est pas à nous d’abandonner le terrain. D’un côté il y a des jeunes qui nous comprennent pas, mais il ne faut pas oublier qu’il y a aussi des gens qui veulent vivre tranquilles. On est là pour assurer la sécurité publique. Ce n’est pas à nous de payer les pots cassés du climat social pourri en France".

Pas de remise en question de son travail de terrain. Pour ce policier c'est à l'état de prendre les choses en mains.

Marion Dubreuil (avec A.M.)