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Affaire Théo: "les candidats du concours de police viennent soient de campagne, soit de petites villes"

De nouveaux incidents ont eu lieu à Argenteuil dans le sillage de l’affaire Théo. Des violences qui soulèvent le problème des rapports entre police et jeunes de banlieue.

Avec l'affaire Théo et les violences de ce week-end à Bobigny et celles d'Argenteuil dimanche soir, la question du rapport entre police et jeunes de banlieue est soulevée. Comment rétablir la confiance et améliorer la relation entre les forces de l'ordre et les citoyens?

Jacques de Maillard, universitaire spécialiste de la police, directeur-adjoint du CESDIP (Centre de recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales), estime que les policiers affectés dans les banlieues parisiennes ne sont pas assez formés pour intervenir.

"Beaucoup de candidats qui réussissent le concours sont des candidats qui viennent soient de campagne, soit de petites villes. Ce sont des jeunes avec peu d’expérience, peu d’habitude des milieux urbains qui font cette police du quotidien de sécurité publique. Il y a un vrai enjeu, à la fois de formation et de management pour la police. Comment fait-on pour préparer à ce que ces jeunes policiers connaissent le territoire sur lequel ils vont intervenir et aient une idée des problématiques sociales de ces quartiers? Comment est-ce qu’on a un encadrement légitime qui permette de rappeler les règles déontologiques, de conseiller? Sur toutes ces dimensions-là il y a des réformes à introduire sur la formation des policiers".

Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance, estime quant à lui que la formation n'est pas un vrai débat.

"Sur la formation en elle-même des policiers, je crois qu’aujourd’hui elle est adaptée. Elle est supérieure à ce qu’elle était. Et elle est de très bonne qualité. La chose qui est vraie, c’est qu’aujourd’hui des jeunes policiers sont affectés notamment dans les grandes villes et en région parisienne. Ils découvrent un monde peut être auquel ils ne sont pas préparés. Peut-être faudrait-il les préparer à cela, à ce qu’est le métier de policier dans des quartiers parfois très compliqués. Parce que vous imaginez bien que les policiers anciens souhaitent changer d’affectation et qu’à un moment ou à un autre, il faut bien les remplacer par ceux qui arrivent".

Marion Dubreuil et Benoit Ballet (avec A.M.)