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Agression d'un pompier en marge du 1er-Mai: que risque la manifestante?

Une manifestante, filmée en train de s'en prendre violemment à un pompier dimanche à l'occasion de la manifestation du 1er-Mai à Paris, doit être jugée en comparution immédiate.

C'est une image qui a provoqué l'indignation générale. Dimanche à l'occasion de la traditionnelle manifestation du 1er-Mai, un pompier parisien a été frappé par une manifestante, au moment où il essayait d'éteindre un feu dans une rue. La manifestante a d'abord essayé de lui d'arracher la lance à incendie avant de frapper le soldat du feu à plusieurs reprises sur le casque. Elle a été interpellée dans la foulée.

Elle doit passer en comparution immédiate ce lundi. Et elle risque cinq ans de prison assure sur le plateau des "Grandes Gueules", l'avocat pénaliste Charles Consigny: "On parle de violences sur une personne dépositaire de l'autorité publique. Théoriquement, je pense qu'elle peut prendre cinq ans de prison".

Mais chaque cas est différent: "Cela dépend de son casier judiciaire, de beaucoup de choses, mais si elle est jugée en comparution immédiate et qu'elle demande un délai, elle peut être placée un mois en décision provisoire. De toute façon pour moi elle sera condamnée", estime Charles Consigny.

Des peines "extrêmement sévères"

Pour Benoît Barret du syndicat de policiers Alliance, elle ne sera au contraire jamais condamnée à de la prison ferme: "On a réussi en quelques années à inverser le bon sens. La justice, je ne sais pas si elle a choisi son camp, mais les derniers messages envoyés à la police, ils ne sont pas bons. La délinquante qui a agressé ce pompier ne prendra rien, peut-être un rappel à la loi, peut-être des TIG mais pas de la prison ferme!", assure le fonctionnaire.

"Depuis quand en France, les gens prennent de la prison ferme et exécutent leur peine jusqu'au bout pour avoir agressé un policier, un gendarme, un prof? Ça n'existe plus", ajoute Benoît Barret.

"C'est faux de dire que les gens ne sont pas sanctionnés en s'en prenant à un policier", rétorque Charles Consigny. "Je plaide régulièrement en comparution immédiate, je vois le tarif qu'ils prennent quand ils s'en sont pris à un policier, c'est extrêmement sévère, il y a des mandats de dépôt, cela dépend bien sur du casier judiciaire et du profil de la personne".

Échange musclé entre Charles Consigny et Fred Hermel

"Moi j'ai rencontré deux policiers de la BAC qui m'ont assuré qu'ils ne regardaient plus les suivis des affaires qu'ils avaient fait, parce qu'ils sont écœurés de voir qu'ils risquent leur vie pour qu'il n'y ait aucune condamnation derrière", raconte de son côté Fred Hermel.

"Qu'est-ce que c'est bête ce que tu dis", lui a répondu l'avocat Charles Consigny. "C'est de la démagogie à deux balles, va voir dans un tribunal. Tu crois que c'est en parlant à ce micro parce que t'as bouffé avec deux policiers de la Bac, que tu sais les choses? C'est n'importe quoi".

"Tu relaies des témoignages de gens qui sont excessifs par rapport à la réalité. Les flics, je les vois, ils sont parties civiles systématiquement. Ils tiennent ce genre de discours parce qu'ils ne connaissent pas la réalité des tribunaux et sont biberonnés par des syndicats comme Alliance. Va voir dans un tribunal la sévérité des juges, cela n'existe pas le fantasme d'un juge de gauche", ajoute l'avocat.

Dimanche, en marge de la manifestation du 1er-Mai, 54 personnes ont été interpellées. Par ailleurs, huit policiers et deux pompiers ont été blessés.

Guillaume Dussourt