RMC

Violences du 1er-Mai: comment la police tente de maintenir l'ordre lors des manifestations

La manifestation parisienne du 1er-Mai a été émaillée de violences malgré la forte mobilisation policière. Cinquante-quatre personnes ont été interpellées tandis que 8 policiers et 2 pompiers ont été blessés.

Le cortège de la traditionnelle manifestation du 1er-Mai a été émaillé de violences à Paris. Dès le début de la manifestation, des tensions ont éclaté. Des vitrines ont été brisées et des affrontements entre policiers et casseurs ont été observés, malgré la mobilisation de 5.000 membres des forces de l'ordre. Au total, 54 personnes ont été interpellées et 8 policiers blessés.

Dans la foulée, Jean-Luc Mélenchon a exprimé son "ras-le-bol" et dénoncé des "violences parasites". Il a également estimé que le préfet de police "savait", taclant son incapacité à "garantir le droit de manifester en paix".

"Les donneurs de leçons nous disent que nous sommes trop violents"

"Les donneurs de leçons nous disent que nous sommes trop violents, que nous empêchons les manifestations de se faire, et bien ce sont des règles de prudence", assure ce lundi sur RMC Stanislas Gaudon, délégué général du syndicat de police Alliance. "Quand les policiers interviennent il ne faut pas qu’il y ait de dommages collatéraux. Cela permet d’interpeller, de contenir les casseurs et de laisser la manifestation se dérouler", assure-t-il.

"On ne peut pas avoir un double-discours en nous disant qu’il ne faut pas intervenir et de l’autre côté nous reprocher d’intervenir. Quand nos collègues CRS font des charges ou des bonds offensifs, il y a un mouvement et de la force légitime, propre aux unités de forces mobiles", ajoute Stanislas Gaudon.

Éviter des manifestations "sauvages"

Ce dimanche, 8 policiers et 2 pompiers ont été blessés. Un des soldats du feu a été agressé par une manifestante alors qu'il tentait d'éteindre un début d'incendie: "Que des policiers et des pompiers soient blessés, cela n’arrive pas tous les jours", souligne le syndicaliste.

Comment alors, malgré une présence accrue de policiers, de nombreuses manifestations continuent de dégénérer?: "Quand il y a une manifestation sur 3 km, on met des forces mobiles tout au long du parcours pour éviter que d’autres manifestations sauvages partent dans des rues adjacentes, sinon on se retrouve avec ce que l’on a connu lors de la période des gilets jaunes", explique Stanislas Gaudon.

"Si l’on bouge des forces, on a un système qui n’est pas imperméable et on va avoir des forces qui vont se transporter un peu partout et ça risque d’occasionner des violences dans tout Paris", ajoute-t-il.

Attendre le moment "opportun"

Lors du défilé parisien, un "cortège sauvage" s'est pourtant détaché de la manifestation officielle, empruntant un itinéraire non-déclaré en préfecture, selon BFMTV. Dans les rues adjacentes au Boulevard Voltaire où passait le cortège, ces manifestants ont tenté de dresser une barricade à l'aide de palissades, détruisant au passage la vitrine d'un assureur à coups de marteau.

Et face aux accusations de "laisser-faire", Stanislas Gaudon l'assure, les forces de l'ordre n'attendent en fait que "le moment opportun":

"Il y a eu une opportunité pour que les BRAV, qui font partie des compagnies d’intervention de la direction de l’ordre public et de la circulation, interviennent, c’est ce qui a pu être fait dimanche", défend-il.
Guillaume Dussourt