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Angers: un vétérinaire relaxé après avoir prescrit des produits euthanasiants à un ami

Un vétérinaire qui avait prescrit des médicaments ayant permis à un ami atteint de la maladie de Charcot de se donner la mort en 2019 a été relaxé lundi. Une décision qui pourrait relancer le débat sur la fin de vie.

C’est une première dans ce genre de dossier. Lundi, la justice a relaxé un vétérinaire qui avait aidé un ami atteint de la maladie de Charcot à mourir en lui fournissant une fausse ordonnance avec des produits euthanasiants. Dans sa décision, la justice évoque "l'état de nécessité" dans lequel se trouvait ce vétérinaire, jugé pour "faux en écriture et usage".

"L'état de nécessité", une notion très rarement utilisée

La justice a estimé que la fausse ordonnance produite était justifiée pour empêcher un dommage plus grave, en l'occurrence la souffrance de son ami. C’est ce que la justice appelle "l'état de nécessité", une notion très rarement utilisée en droit et une première dans ce type d'affaire selon Me Antoine Barret, l'avocat du vétérinaire. "On ne peut pas constamment passer à côté de la volonté des gens, y compris dans les cas les plus extrêmes", se félicite-t-il.

Antoine Barret espère que la relaxe de son client inspirera les tribunaux et permettra une évolution de la législation sur la fin de vie. "Si j’étais député et que je voyais des juges prendre des décisions comme ça, je me dépecherais vite de m’emparer de la question", lance-t-il encore.

"Le législateur doit proposer un cadre respectueux des volontés"

"La loi de 2016 laisse la possibilité soit de s’exiler en Belgique ou en Suisse, soit d’avoir des petits arrangements entre amis. Ce n’est pas acceptable. Le législateur doit proposer un cadre qui soit humain, respectueux des consciences et des volontés", appuie Philippe Lohéac, délégué général de l'Association du droit de mourir dans la dignité.

Il lance un appel au président de la République et espère que le nouveau mandat d'Emmanuel Macron sera marqué par une évolution de la loi concernant l'euthanasie et le suicide assisté en France.

Maxime Levy