RMC

Après les attentats de Paris, les cours d’auto-défense font le plein

Les cours d'auto-défense battent le plein depuis les attentats du 13 novembre

Les cours d'auto-défense battent le plein depuis les attentats du 13 novembre - AFP

REPORTAGE – Suite aux récentes attaques à Paris, les Français sont de plus en plus nombreux à se renseigner, ou à s'inscrire à des cours d'auto-défense, comme le krav-maga, sport de combat rapproché inventé par l'armée israélienne.

Lors des attentats à Paris le vendredi 13 novembre, bon nombre de rescapés ont voulu aider, sans parfois savoir comment. Depuis ces tragiques événements, les initiatives citoyennes se multiplient car les Français semblent de plus en plus prendre conscience du rôle qu'ils peuvent jouer en cas d'attaques. Par exemple, les organismes qui dispensent des formations aux gestes de premiers secours ont reçu beaucoup plus de demandes qu'en temps normal.

"Savoir réagir en cas de situation extrême"

Autre tendance observée depuis les tragiques attaques du 13 novembre, les Français sont de plus en plus nombreux à se renseigner ou à s'inscrire à des cours d'auto-défense, comme le krav-maga, sport de combat rapproché inventé par l'armée israélienne. Une manière d'apprendre les bons gestes, ou les bons comportements à adopter face au danger. Esquives de coups de poings, de coups de pieds, musculation… l'échauffement est intensif pour Franck, qui a décidé, suite aux événements, de s'inscrire dans cette salle à Charenton, dans la région parisienne.

"J'avoue que l'actualité m'a donné envie de savoir réagir en cas de situation extrême parce que je me rends compte que j'aurais été incapable de le faire", confie-t-il. "Si j'ai les moyens de pouvoir intervenir et de me sauver et de sauver d'autres personnes, évidemment je le ferais. Si j'ai les outils pour le faire, c'est quand même plus rassurant", explique de son côté Vanessa, elle aussi fraîchement inscrite.

Les armureries, aussi, prises d'assaut

Après ces quelques précisions, place à la pratique: parmi les 30 élèves, trois vont jouer le rôle de terroristes armés. Antoine Laymond, leur professeur, montre ensuite comment agir pour neutraliser l'agresseur. Depuis le 13 novembre, il l'assure, il reçoit deux à trois fois plus d'appels que d'habitude. Toutefois, comme il le répète à ses élèves, il estime que l'auto-défense n'est pas la solution miracle. "Aujourd'hui, moi, je n'arrête pas les balles. Le krav-maga, ce n'est pas aller au contact. C'est de savoir reconnaître et agir en situation anormale: se cacher puis intervenir toujours dans un but de se défendre et de défendre les autres", assure-t-il.

Autre tendance observée depuis les attentats: les Français n'hésitent plus à franchir les portes des armureries. "On a eu beaucoup plus de clients sur des demandes de gilets pare-balles ou de masques à gaz quand le Premier ministre a parlé de risque chimique", confirme Yves Goléty, gérant d'une enseigne à Paris. Selon lui, beaucoup de clients se renseignent aussi sur les armes de poing. Mais ils sont vite dissuadés. En France, impossible en effet de s'en procurer sans un permis spécifique.

Maxime Ricard avec Benjamin Smadja