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Armés après 10 jours de formation, les réservistes de la police vont patrouiller dès la fin de l'été

Les réservistes de la police nationale vont commencer à patrouiller sur la voie publique dès la fin de l'été. L'arrivée de policiers inexpérimentés, pouvant être armés après seulement 10 jours de formation, inquiète pourtant.

Dix petits jours de formation pour patrouiller en uniforme de police et porter une arme, c'est ce que permet la réserve opérationnelle de la Police nationale. En clair, tout citoyen âgé de 18 à 67 ans désireux de devenir réserviste dans la police peut s'inscrire et à l'issue d'une formation de 10 jours, être amené à patrouiller sur le terrain.

Les premiers réservistes vont commencer à patrouiller sur la voie publique dès la fin de l'été. Ils sont 700 selon France 2 à avoir réussi cette formation dans toute la France. Le but est d'atteindre les 30.000 réservistes dont 70% de civils d'ici 2030, des réservistes qui pourront être affectés 90 jours par an et qui recevront une formation complémentaire de 2 fois 5 jours.

Une initiative qui doit permettre de renforcer les rangs de la police mais qui inquiète. Car il est bien stipulé sur le site officiel de l'administration française, que les réservistes peuvent être amenés dans le cadre de certaines missions au "port d'une arme et d'un gilet pare-balles".

Un manque d'expérience handicapant?

"Les policiers sont souvent appelés sur des conflits familiaux. Des gens projetés (sur la voie publique) auront-ils le métier et l'intelligence relationnelle pour le faire correctement?", s'inquiète l'éducateur Etienne Liebig sur le plateau des "Grandes Gueules". "Il faut le plus souvent être fin dans son intervention et ça demande de l'expérience et du métier. Sur cette question-là, déjà c'est dangereux", ajoute-t-il.

"Il faut être sur le terrain pour apprendre aussi", concède l'avocate Sarah Saldmann qui craint le manque d'expérience de ces réservistes.

"Il faut une vocation, je ne pense pas que l'on fasse ça par défaut. Et ces professions ne sont pas celles vers lesquelles on se tourne en premier donc c'est bien que des personnes se tournent vers ça", tempère-t-elle. Elle estime en revanche, malgré une période de formation trop courte, que l'expérience du terrain permettra d'apprendre.

"Décharger les policiers mieux formés"

L'arrivée massive de volontaires est pour elle nécessaire: "Il y a une insécurité massive en France, même dans le 7e arrondissement de Paris, il y a une insécurité. C'est formidable que des jeunes s'engagent", ajoute-t-elle.

"C'est sûr que c'est 'light' 10 jours de formation", reconnaît également Willy Schraen, le patron des chasseurs français. "Mais il y a beaucoup de choses à faire dans le cadre du métier de policier. Il y a des cas particuliers mais il y a aussi toute une police de proximité à faire. C'est aussi la possibilité de décharger les policiers mieux formés".

"Le fait qu'ils aient une arme, c'est à mon avis une volonté de ne pas vouloir avoir de 'demi-policier'. Je pense qu'ils ne l'auront pas tout de suite parce que ça demande quelques heures d'utilisation pour la maîtrise", ajoute Willy Schraen.

Dans le cadre de leur formation express, les volontaires vont être initiés à l'organisation et au fonctionnement de la police aux missions du réserviste, aux règles de sécurité en intervention et donc à une "information relative aux armes". Ces derniers pourront être affectés au maximum 90 jours par an au sein de la police.

Guillaume Dussourt