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Attaque des Champs-Elysées: "cela restera toujours la plus belle avenue du monde, quoi qu'il arrive"

REPORTAGE - Alors que la "plus belle avenue du monde" a été frappée en plein cœur, à trois jours du premier tour de la présidentielle française, sur les Champs-Elysées, haut lieu du tourisme français, on se refuse à céder à la peur.

Une attaque à Paris, sur la plus célèbre avenue du monde, lieu symbolique et touristique de la capitale... Pas de quoi rassurer les professionnels du tourisme alors que la fréquentation touristique montre tout juste des signes de reprise depuis quatre mois. Pourtant il y avait foule ce vendredi sur les Champs-Elysées malgré une forte présence policière. Sur les lieux de l'attaque, des anonymes viennent même déposer des fleurs en hommage au policier tué. Neil et sa femme, des Américains de passage à Paris, se disent toutefois "inquiets" de la situation.

"C'est notre première visite à Paris mais malgré tout nous voulons rester ici. C'est une destination très populaire. On espère que tous ces problèmes seront très vite résolus", indiquent-ils. Autour d'eux, la vie a repris son cours comme si rien ne s'était passé. "Je ne changerai rien du tout à ma façon de vivre. Il en est hors de question", assure Omar, un habitué de "la plus belle avenue du monde". Et parmi les gens venus rendre hommage au policier tué, il y a ceux qui étaient présents jeudi soir tout près de la scène.

"La meilleure réponse est de montrer qu'on est là"

C'est le cas d'Erwan: "Pour moi, c'est plus impressionnant que les attentats de novembre. Psychologiquement, je suis plus impacté. Je venais faire des photos. J'étais une rue plus bas et au premier coup de feu je suis parti directement, sans demander mon reste". Et d'estimer: "Il faut simplement vivre, rester debout. Il faut montrer qu'il y a encore de la vie et que ça restera toujours la plus belle avenue du monde. Quoi qu'il puisse se passer".

Des Champs-Elysées bondés deux jours après l'attentat? Cela surprend tout de même Kevin, gérant d'un magasin d'accessoires sur l'avenue. "Les clients entrent dans la boutique et posent des questions comme si de rien n'était, s'étonne-t-il. Ils sont vraiment intéressés par autre chose que ce qu'il s'est passé. Les mentalités ont vraiment évolué. Les gens sont moins apeurés". Ce que confirme Marco: "On est obligés de vivre, de faire avec. La meilleure réponse est de montrer qu'on est là". Et d'adresser un message aux touristes: "C'est Paris. On ne peut pas ne pas venir sur les Champs-Elysées. Quoi qu'il arrive…"

M.R avec Julien Chehida