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Attentats à Paris: Samy Amimour, le kamikaze passé entre les mailles du filet

C'est ici qu'a grandi Samy Amimour

C'est ici qu'a grandi Samy Amimour - ELIOT BLONDET / AFP

ENQUETE - L'un des kamikazes du Bataclan, Samy Amimour, 28 ans, faisait l'objet d'un mandat d'arrêt international de la part de la France, mais il a tout de même pu se rendre en Syrie et en revenir avant de commettre le pire.

Né à Paris, originaire de Drancy, Samy Amimour, 28 ans, est le deuxième d'une fratrie de trois. Il a toujours vécu chez ses parents. Son bac en poche, il postule pour être surveillant de cantine mais sa timidité le dessert. Il décroche finalement un emploi de chauffeur de bus à la RATP, dont il démissionne au bout de 15 mois, en 2012. C'est à cette époque qu'il commence à se radicaliser. Une radicalisation qui se fait aux yeux de tous.

Ainsi, sa famille, avant 2012, est allée voir le maire de Drancy, Jean-Christophe Lagarde (UDI), pour faire part de ses inquiétudes. A l'époque Samy Amimour tentait de radicaliser sa mère et ses sœurs. Au même moment, il fréquente une mosquée du Blanc-Mesnil et entre en contact avec un imam de cette même mosquée. Selon plusieurs sources, cet homme pousse ces jeunes fidèles à basculer vers une pratique extrême. Non pas lors de ses prêches mais par petit groupe. Cet imam a aujourd'hui quitté le Blanc-Mesnil.

Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

Le 15 octobre 2012, au petit matin, des agents des services de renseignement cagoulés et armés interpellent Samy Amimour. Soupçonné de vouloir partir au Yémen avec deux amis drancéens, il est mis en examen à l'issue de quatre jours de garde à vue pour "association de malfaiteurs terroriste" et placé sous contrôle judiciaire.

Samy Amimour terroriste? Il y a encore 3 ans, il en était encore très loin à croire ses voisins interrogés par RMC. "Franchement, il était bien élevé, très poli", témoigne cette jeune femme. Un homme d'ajouter: "Il avait une copine, non voilée. Sa mère et ses sœurs non plus ne se voilaient pas. Elles se maquillaient". "Ce n'est pas quelqu'un qui faisait du prosélytisme. La seule fois qu'il était en tenue religieuse, c'était le vendredi quand il allait à la mosquée", assure ce dernier.

"Les gens disaient de ne pas le fréquenter"

Pourtant, il y avait bien quelques signes annonciateurs décelés, çà et là par son voisinage. "Il était assez introverti, il ne se mélangeait pas aux autres. Il a grandi un peu dans son coin. On ne le voyait pas trop dans la cité. C'était quelqu'un de solitaire, même à la mosquée", se souvient ce voisin. "A la mosquée, les gens disaient de ne pas le fréquenter et de faire attention à lui, qu'il était un peu bizarre", croit aussi savoir cette jeune femme.

Le 11 septembre 2013, Samy Amimour part en Syrie, en violation de son contrôle judiciaire. Un mandat d'arrêt international est alors délivré contre lui. Dès lors, une question demeure toujours sans réponse: comment a-t-il pu quitter la Syrie, traverser l'Europe et arriver en France et commettre, avec six autres kamikazes, les attentats les plus meurtriers de l'histoire du pays alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international ?

M.Ricard avec R.Poisot et C.Martelet