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"C'est honteux": une gilet jaune blessée ulcérée que le Conseil d'Etat n'interdise pas le LBD

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Près de 2.000 personnes ont été blessées en raison de tirs de LBD depuis le début du mouvement des "gilets jaunes". Certains avaient demandé son interdiction au Conseil d'Etat qui n'a pas suspendu l'utilisation de l'arme.

Les LBD, ou lanceurs de balles de défense, seront encore utilisés ce samedi par les forces de l'ordre pour le 12e acte de mobilisation des "gilets jaunes". Le Conseil d'Etat a estimé vendredi que le risque de violences rendait "nécessaire de permettre aux forces de l'ordre de recourir à ces armes", alors que la Ligue des droits de l'homme et la CGT avaient demandé que son usage soit suspendu.

En pleine polémique sur les "violences policières", la CGT et la LDH avaient tenté mercredi lors d'une audience tenue en urgence de convaincre les juges administratifs d'interdire cette arme à l'origine de nombreuses blessures graves, et utilisée plus de 9.200 fois depuis le début du mouvement de contestation sociale.

"Ca déchire des vies, ça bousille des gens"

Cette décision du Conseil d'Etat ulcère les gilets jaunes blessés par ces armes de défense, comme Vanessa, auxiliaire de vie dans le Val-de-Marne, qui livre son témoignage pour RMC.

Vanessa a perdu trois quarts de sa vue à l'oeil gauche, percutée par un tir de LBD, et elle ne comprend pas qu'il soit encore autorisé aujourd'hui.

"C'est honteux, à chaque nouveau blessé c'est une blessure en plus pour moi de voir que quelqu'un vit la même chose. Ca déchire des vies, ça bousille des gens"

"Je ne me sens pas encore prête à retourner dans la rue"

Cette blessure subie en décembre a bouleversé le quotidien de cette auxiliaire de vie.

"Je suis bloquée chez moi, je n'ose même plus sortir, j'ai aussi un choc post-traumatique. J'ai 34 ans et je ne peux pas sortir toute seule. ma vie c'est de rester chez moi."

Alors la manifestation en hommage aux blessés de ce samedi, elle y sera, mais par la pensée. 

"Moi je continue le soutien quoi qu'il arrive car je suis gilet jaune aussi. Malheureusement je ne me sens pas encore prête à retourner dans la rue."

Plus de 1.900 personnes ont été blessées depuis le début du mouvement social selon les chiffres officiels.

Alfred Aurenche (avec James Abbott)