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"Un LBD, c'est comme si on vous lançait un parpaing d'une hauteur d'un mètre sur le visage": des médecins lancent une pétition

Les blessés des "gilets jaunes" des précédentes manifestations seront à l'honneur dans les cortèges de plusieurs grandes villes à l'occasion du 12ème samedi de mobilisation.

"Les soignants français pour un moratoire sur l'utilisation des armes sub-létales", telle est la pétition lancée par des médecins qui souhaitent suspendre l'usage des LBD (lanceur de balles de défense) et des grenades de désencerclement lors des manifestations.

"Des lésions graves ont été constaté"

Laurent Thines, neurologue au CHRU de Besançon, est à l'origine de la pétition. Il explique avoir été choqué par les photos prises et les lésions observées chez les personnes blessées lors des mouvements de manifestation:

"Des lésions graves ont été constaté, des nucléations (ablation de l'oeil) et des lésions intracrâniennes avec des fractures de crânes que l'on rencontre habituellement dans des accidents de la route ou dans des blessures de guerre". 

Le neurologue a lancé cette pétition pour alerter sur la dangerosité des armes sub-létales:

"La force d'impact d'une balle de LBD, c'est 2000 joules. C'est un peu comme si on vous lancez un parpaing, d'une hauteur d'un mètre, sur le visage. Quand on a cette image en tête, on comprend tout de suite la gravité de la chose". 

Plus de 80.000 signatures pour la pétition

La pétition comptait près de 81.000 signatures, vendredi, en début d'après midi. Plus tôt dans la journée, le Conseil d'Etat a rejeté les demandes de suspension de l'usage du lanceur de balles de défense (LBD) dans les prochaines manifestations de "gilets jaunes", estimant que le risque de violences rendait "nécessaire de permettre aux forces de l'ordre de recourir à ces armes".

Julien Vattaire