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"Cet enfant n’a pas été protégé": un garçon de 11 ans accuse un camarade de viols et harcèlement

Le parquet de Vienne (Isère) a annoncé ce jeudi avoir ouvert plusieurs enquêtes, notamment pour viol et harcèlement, après qu'un enfant de 11 ans a accusé un camarade de classe de viols et harcèlement. Dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story, l'avocat de la famille dénonce le manque de protection de l'école privée où est scolarisée le jeune garçon.

Plusieurs enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Vienne (Isère), après des dénonciations de viol et harcèlement de la part d'un garçon de 11 ans (10 ans à l'époque des faits), à Condrieu, dans le Rhône. Son agresseur présumé est l'un de ses camarades de classe. Les faits se seraient déroulés entre décembre 2021 et l'été 2022.

“Les faits de viols ont démarré à l’hiver de l’année dernière et ont été perpétrés cinq ou six fois à l’occasion des invitations que Julien, son agresseur, lui faisait. il l’invitait chez lui et systématiquement, se nouait la même scène, une scène de viol avec d’une part le fait que Julien pratiquait des fellations forcées sur Victor avant de le jeter sur son lit et de le sodomiser”, explique Maître Jean-Christophe Basson-Larbi, avocat de la famille de Victor, dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story.

Finalement, c’est le 15 août dernier que tout bascule. “A cette date, les parents de Julien ont invité ceux de Victor pour la première fois pour faire connaissance. Ce jour-là, la scène s’est rejouée, sauf qu’il y avait les petits frères et les petites sœurs qui étaient là. Julien a diffusé dans sa chambre une vidéo érotique, un film sur Netflix interdit au moins de 16 ans, avant de congédier les petits et de fermer à clé. Il a recommencé, mais comme la petite sœur de Victor tambourinait à la porte, ça ne s’est pas passé comme d’habitude et il a fait mal au sexe de Victor. Et c’est cette douleur-là qui a permis aux parents le soir même, en posant des questions et en ne croyant pas au bobo qu’il se serait fait dans la piscine, de gratter et de découvrir petit à petit qu’il y avait un problème”, détaille l’avocat.

La jeune victime s’est finalement confiée à sa famille et aux gendarmes. Mais de retour à l’école, le garçon aurait été harcelé et violenté par son violeur. “La rentrée scolaire arrive et le harcèlement débute dès le premier jour avec le renfort de deux petits copains qui l’année dernière étaient des bons amis de Victor”, précise Maître Basson-Larbi.

Agressé par le père dans la cour de l'école

Le 26 octobre, les parents déposent plainte pour ces deux séries de faits distincts. Le parquet de Vienne a ouvert trois enquêtes, notamment pour viol et harcèlement scolaire. Aujourd’hui en école à la maison, la jeune victime est dans un état de choc.

“Rien n’a été fait à l’école pour protéger la victime et sanctionner les trois harceleurs. Victor va très mal parce qu’il a trouvé la force de se confier à ses parents, à son avocat, aux enquêteurs spécialisés, au médecin légiste, à une enquêtrice psychologique. Et pourtant, ça a empiré puisque le 8 décembre, il s’est fait agresser dans la cour de l’école par le papa de son violeur et son harceleur qui a pété les plombs parce que son fils était entendu l’après-midi même”, appuie l’avocat.

Il dénonce l’absence de réaction de la part de l’établissement scolaire. “Le mal a été fait et cet enfant n’a pas été protégé. L’école, jusqu’à présent, a été dans l’immobilisme le plus total, le plus brutal, et j’espère que cette médiatisation, que les parents ne voulaient pas, servira au moins à ce que dans cette école, il y ait des mesures qui lui permettent de retrouver une scolarité sereine, qu’il y ait des sanctions”, pointe-t-il.

De son côté, l’école privée catholique se défend. Elle assure que tout est fait pour qu’il n’y ait pas d’impact sur la vie de l’établissement.

Vincent Chevalier avec Guillaume Descours