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Crainte avant la mobilisation des "Gilets jaunes": "On risque de se faire déborder par des gens beaucoup plus extrémistes"

Pour les forces de l'ordre, difficile de mettre en place des dispositifs de sécurité alors que seulement une centaine d'actions ont été déclarées en préfecture ou en mairie à la veille de la mobilisation du 17 novembre.

C’est la principale inquiétude du gouvernement pour la journée de blocage du 17 novembre: la sécurité. Peu de rassemblements de gilets jaunes ont été déclarés en préfecture ou en mairie. 

De source policière, 1500 actions sont prévues, mais seulement un peu plus d’une centaine ont été inscrits en préfectures. Certains organisateurs ont même dans certains cas retiré leurs demandes comme à Tarbes où les organisatrices ont eu peur d’être tenues pour responsables en cas de dégradations.

Pour les forces de l’ordre, difficile de savoir quels dispositifs mettre en place pour encadrer les manifestations et éviter les blocages. Les services de renseignements ont récolté un maximum d’informations sur les réseaux sociaux pour tenter d’obtenir certaines indications, savoir quels points seront bloqués.

Un cadre de loi à appliquer

"À partir du moment où on n’a pas de référent et pas de déclaration conformément à la loi, c’est toujours plus difficile pour les forces de l’ordre de savoir à qui ils vont pouvoir s’adresser pour demander le calme demander de respecter un espace, demander de laisser passer des voitures. C’est le risque, c’est que les gens qui partent d’un bon sentiment se fassent déborder par des gens qui sont beaucoup plus extrémistes, qui veulent peut-être en faire une récupération politique, et qui vont peut-être passer à la casse", explique Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, CFDT. 

Il prévient d’ailleurs que si la situation dégénère, les forces de l’ordre auront un cadre de loi à faire respecter. Faire la distinction entre ceux qui sont dans une bonne intention et les autres sera alors très compliqué, car "tout le monde portera un gilet jaune".

Claire Andrieux (Avec G.D)