RMC

Didi, vigile au Bataclan: "Je demandais aux gens autour de moi de faire les morts"

TEMOIGNAGE RMC / BFMTV - Didi est responsable de la sécurité depuis 2004 au Bataclan. Vendredi 13 novembre 2015, il surveillait l’entrée de la salle de concert au moment où les terroristes ont attaqué. Non seulement il a survécu à la tuerie mais il a aussi permis de sauver la vie de plusieurs dizaines de spectateurs. Deux mois après, il témoigne sur RMC.

Il est l'un des héros du Bataclan. Mais il ne se considère pas comme tel. Deux mois après les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, il s'exprime ce jeudi sur RMC. Il s'appelle Didi, il a 35 ans. Il fait partie des six vigiles qui surveillaient le concert de rock ce soir-là. Non seulement il a survécu à la tuerie, mais il a aussi permis de sauver la vie de plusieurs dizaines de spectateurs. Ce 13 novembre, Didi s'en souvient très bien: il était seul à l'entrée de la salle de concert.

"Les terroristes sont arrivés juste à côté de moi. Ils ont commencé à tirer… Dès que j'ai vu ça, je suis entré dans la salle pour prévenir les spectateurs", explique-t-il. Une fois à l'intérieur le vigile ouvre une première issue de secours d'où sortent plusieurs personnes. Quelques minutes plus tard, les kamikazes sont désormais dans le Bataclan mais Didi fait demi-tour et retourne dans la salle. Son idée: ouvrir une seconde issue de secours.

"Les héros, ce sont les morts"

"J'ai dû m'allonger parce que les trois terroristes étaient déjà à l'intérieur en train de tirer, raconte-t-il. Je demandais aux gens autour de moi de faire les morts… Quand j'ai vu qu'ils commençaient à recharger leurs armes, qu'il n'y avait plus de tirs, à ce moment-là je me suis levé et j'ai crié: 'Venez, sortez vite par-là !'". Des dizaines de personnes vont s'engouffrer dans cette issue de secours et ainsi pouvoir échapper de l'enfer.

Didi va les suivre et prendre en charge des blessés avant l'arrivée des secours. Mais aujourd'hui, il le répète il a agi dans l'urgence sans se poser de question: "Je n'estime pas être un héros. Les seules personnes que je qualifierais comme cela ce sont les morts et les blessés graves". Deux mois après ces terribles événements, Didi reste fortement marqué par ce qu'il a vécu: il n'envisage pas pour le moment d'assurer à nouveau la sécurité devant une salle de concert.

Maxime Ricad avec Céline Martelet