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Eric Dupond-Moretti veut encadrer les mineurs par des militaires: "Si la justice peut utiliser leur savoir-faire, alors pourquoi pas", estime Béatrice Brugère

La secrétaire générale du Syndicat Unité Magistrats SNM-FO est revenue sur la proposition d'Eric Dupond-Moretti d'avoir recours à l'armée pour encadrer les mineurs délinquants.

Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti veut réformer la justice des mineurs. Lors de son audition devant la commission des lois de l’Assemblée nationale lundi, il a évoqué une idée, déjà vue dans le passé, d’encadrer les mineurs délinquants. 

"J'envisage avec le ministre des Armées de reprendre une proposition qui a trotté dans la tête de monsieur Eric Ciotti", a énoncé le garde des Sceaux, "ça n'est évidemment pas prêt, j'ai beaucoup beaucoup, beaucoup de travail, mais je voudrais vous faire part de ça, parce que ça peut résumer un peu ma vision des choses".

Il a notamment assuré vouloir le moins possible d’incarcérations de mineurs. "Je veux être raisonnable et il est des cas où, malheureusement, la prison est un mal nécessaire". Mais, a-t-il martelé, ces jeunes doivent sortir "moins mauvais" de détention que quand ils y sont entrés. "Si la répression était la solution, il y a des siècles que nous le saurions", a-t-il fait valoir, assurant vouloir "discuter avec tout le monde, mais pas avec les populistes", a-t-il ajouté. 

Pas un substitut à la justice

Une feuille de route qui a été entendue et de manière générale approuvée par Béatrice Brugère, secrétaire générale du Syndicat Unité Magistrats SNM-FO. 

Elle indique également que le recours à des militaires par la justice a déjà existé. 

“Ce n’est pas en substitut. L’idée ce n’est pas de dire l’armée va prendre en charge ce que la justice ne sait pas faire. Ce n’est pas du tout ça et on ne serait pas d’accord avec ça. Mais ce qui est constaté, c’est que l’armée à un savoir faire. Ils ont une expérience dans la prise en charge des jeunes, qui ne sont pas forcément délinquants, et ils arrivent à les former très vite, à leur trouver des débouchés d’emploi. Ils ont de la bienveillance, ils savent faire, ils ont des cadres et si nous la justice, on peut, comme on l’a déjà fait, utilisé cette capacité et ce savoir-faire alors pourquoi pas”, affirme-t-elle. 

Après avoir été reçu avec d’autres syndicats de magistrats par le ministre, mardi, elle juge que pour le moment, Eric Dupond-Moretti, “s’inscrit dans un profil pragmatique pour trouver des solutions rapides, simples et qui fonctionnent”, a-t-elle affirmé. 

Guillaume Descours