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Expédition punitive contre des Roms: "J'ai appris la rumeur sur place" explique l'un des accusés

Des peines de prison fermes ont été prononcées lors du procès de quatre personnes accusées d'avoir pris part au lynchage de roms à Clichy-sous-Bois en mars dernier.

Le 25 mars dernier, une folle rumeur circulait en région parisienne: des Roms enlèveraient des enfants à bord de camionnettes blanches. Des expéditions punitives avaient alors menées un peu partout en Île-de-France.

Mercredi, comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Bobigny quatre jeunes hommes, âgés de 18 à 22 ans, accusés d'avoir participé à l’agression de personnes de la communauté roms ce soir-là à Clichy-sous-Bois lors d'une soirée d'une rare violence.

"Curiosité"

"Avez-vous cru à la rumeur?", demande d’emblée la Présidente. "Non", répondent les prévenus alignés côte à côte à la barre. C’est pourtant près d’une scène décrite comme "chaotique" que trois d’entre eux avaient été interpellés. Les policiers avaient découverts un homme de la communauté rom lynché au sol par une cinquantaine de personnes armées de pelles, de bâtons et pierre en mains. "Étiez-vous là par coïncidence ?” continue la présidente "Non, par curiosité" dit le plus âgé. "Curiosité" aussi pour le deuxième, 19 ans : "J’ai appris la rumeur sur place", assure-t-il.

6 mois ferme

Une rumeur quasiment absente des débats, minimisée par le troisième prévenu accusé d’avoir lâché son chien sur trentaine de roms. Une défense dénoncée par la procureur "Le racisme et la bêtise vont toujours ensemble" dit-elle. D'après les témoignages, le jeune homme aurait donné l'ordre d'attaquer à son chien, un american bully. C'est lui qui se serait rendu sur les lieux, par peur que sa petite sœur ne se soit fait enlevé par les Roms.

Trois des prévenus on été jugés coupables, compte tenu "du contexte très particulier, d’une envie d’en découdre de manière bestiale à l’encontre de pauvres gens qui n’avaient rien demandé", conclut la présidente.

Des peines de prison ferme ont été prononcées: 10 mois sans mandat de dépôt pour le plus âgé d’entre eux, 6 mois fermes avec mandat de dépôt pour le propriétaire du chien, puis 8 mois avec sursis et enfin une relaxe pour le le plus jeune, faute de preuves suffisantes.

Gwladys Laffitte (avec Guillaume Dussourt)