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Attaque au couteau à la préfecture de police de Paris: les premières pistes de l'enquête

Au lendemain de l’attaque au couteau qui a fait quatre morts et un blessé dans les locaux de la préfecture de police, les motivations de l’assaillant restent toujours floues.

Pour l’instant, le mobile de l’assaillant reste un mystère. Rien ne permet d'expliquer le geste de cet informaticien qui travaillait depuis 16 ans à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). Coup de sang, coup de folie, peine de cœur, conflit interne, ce jeudi, ses collègues ont multiplié les hypothèses.

Un acte prémédité?

Le suspect, marié, père de deux enfants de 9 et 3 ans, était heureux dans sa vie privée. Au travail, ce salarié avait bien connu quelques frustrations liées à son handicap: sourd à 70% il avait notamment besoin d'un traducteur en langue des signes pour suivre des formations. Mais il était apprécié de ses collègues.

Pourtant certains éléments semblent aller dans le sens d'une préméditation. D'après une source proche du dossier, le suspect avait lui-même apporté le couteau de cuisine dont il s'est servi comme arme. D'abord pour s'attaquer à trois collègues de la direction du renseignement. La suite semble plus improvisée. Le suspect s'en prend à deux femmes croisées dans l'escalier. Sans l'intervention d'un jeune gardien de la paix de 24 ans, le suspect aurait pu continuer son parcours meurtrier.

Les victimes sont trois policiers et un agent administratif de la DRPP. Une cinquième employée gravement blessée, a été hospitalisée, elle était hors de danger ce jeudi soir.

La piste terroriste étudiée

Pour l'instant, la piste terroriste n'est toujours pas écartée car une attaque au couteau qui vise des fonctionnaires de police, cela fait forcément penser à un mode opératoire terroriste. Mais ce n'est pas suffisant.

Aucun élément à ce stade ne permet d'attester d'une radicalisation. Le suspect s'était converti à l'Islam il y a au moins deux ans, il fréquentait une mosquée dans l'Oise. Mais les policiers n'ont rien trouvé qui lie l'informaticien à une organisation terroriste. Ni dans ses contacts ni à son domicile. C'est la raison pour laquelle le parquet national antiterroriste ne s'est pas saisi pour le moment. Mais le procureur suit de près l'évolution du dossier.

Marion Dubreuil (avec Caroline Petit)