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Fusillades à Marseille: "La balle est arrivée à 5 cm de ma tête", témoigne une habitante

TEMOIGNAGE RMC. Leila, mère de famille, vivant à Marseille, est une victime collatérale des fusillades qui a eu lieu ce week-end. Si elle n'a pas été blessée, il s'en est fallu de très peu. Des balles de Kalachnikov sont venues se loger dans les murs de son appartement. Depuis, elle est sous le choc.

Entre vendredi et dimanche, trois fusillades ont fait deux morts et trois blessés entre vendredi et dimanche dans la cité phocéenne. Et pendant ces fusillades, les habitants autour sont aussi victimes. Leila, 42 ans, mère de deux enfants de 6 et 22 ans, et résidente à Marseille vient de vivre un Noël cauchemardesque. Samedi, vers 19h30, des hommes ont ouvert le feu à la Kalachnikov devant l’entrée de son immeuble au Canet-Larousse dans le 14e arrondissement de Marseille, blessant un jeune homme de 23 ans et une jeune fille de 18 ans.

Leila se trouvait alors dans son salon quand les tirs ont eu lieu. “Là, il y a un impact de balles et il y en a un deuxième juste ici”, indique-t-elle. Des balles de calibre 7.62 tirées par une Kalachnikov qui ont traversé le hall de l’immeuble de Leila. La visite se poursuit en suivant la trajectoire des tirs.

“La balle a traversé par là, on voit le trou. Moi j’étais assise là et voici où la balle est arrivée, à 5 cm de ma tête. Elle m’a effleurée, je me suis jetée par terre”, explique-t-elle.

"Il faut que ça s'arrête"

Un éclair de violence qui a provoqué un véritable état de choc. “Quand j’ai entendu boum boum ça a explosé dans tous les sens, ça a siffloté. Je n’en dors plus. Je m’assoupis un petit peu et d’un coup ça me réveille. C’est comme ça toutes les heures”, confie-t-elle.

Une mère de famille impuissante qui lance aujourd’hui un appel en direction de ceux qui ont tiré.

“Ceux qui ont fait ça, il faut que vous compreniez que je ne sais pas pourquoi, qui vous visiez, mais il y a des innocents, des locataires, des mères et des pères de famille. J’ai grandi dans les quartiers, mais on n’a jamais vu ça. Il faut que ça s’arrête”, plaide-t-elle.

Depuis ces coups de feu, Leila affirme voir passer des patrouilles de police ce qui n’était pas le cas auparavant. Depuis janvier, 33 personnes sont mortes suite à des fusillades à Marseille. Le pire chiffre depuis 20 ans.

Lionel Dian avec Guillaume Descours