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François Fillon repart en campagne: "l'homme et ce qu'il a fait, on s'en fiche"

Alors que le parquet a écarté "en l'état" un classement sans suite de l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs de Penelope Fillon, Thierry Solère, le porte-parole de François Fillon, était à Villabé, dans l'Essonne, où il a tenu une réunion publique devant près de 300 personnes. Et, désormais, la stratégie est de ne plus parler des affaires mais de fond et de projet, comme si de rien n'était…

La pression judiciaire s'accroît sur François Fillon. Le parquet a écarté jeudi "en l'état" un classement sans suite de l'enquête sur le "Penelopegate", mais le candidat de la droite à la présidentielle, entend passer outre cette pression judiciaire et s'en remettre "au seul jugement du suffrage universel". Dès lors, la campagne continue. C'est pourquoi, ce jeudi soir, dans la toute petite salle du conseil municipale de Villabé (Essonne), face à 300 personnes, Thierry Solère, le porte-parole de François Fillon, a très vite tenu à évacuer les affaires.

"Je commence à en avoir assez, a-t-il déclaré. A 67 jours de l'élection présidentielle, il enfin temps de parler du fond". Le fond et surtout, comme François Fillon mercredi, de parler de sécurité. "La loi, pour beaucoup, est devenue facultative, poursuit Thierry Solère. Beaucoup de jeunes se croient donc dans un sentiment d'impunité complet, cassent tout, arrachent vos sacs à main. Il va donc falloir faire comprendre à tous ceux qui pourrissent la vie des quartiers que maintenant c'est terminé".

"La question n'est pas d'oublier ou non"

Un thème cher à Nicolas Sarkozy et bien plus porteur que les affaires en pleine campagne. Ce n'est pas Thérèse Leroux, maire d'une petite commune de l'Essonne, qui dit le contraire: "Les affaires n'empêchent personne de dormir alors que l'insécurité gêne les gens au quotidien. Il faut donc en parler plus que d'essayer de se défendre par rapport à des attaques qui ne sont pas forcément complètement fondées."

Véronique, une militante de toujours, est sur la même longueur d'ondes: plus que les affaires, seul le projet compte. "L'homme et ce qu'il a fait, on s'en fiche. Il ne faut parler que de son programme, assure-t-elle. (Le reste) il y en a ras-le-bol, il faut passer à autre chose". Une stratégie assumée par Gauthier de Lasteyrie, secrétaire départemental des Républicains dans l'Essonne: "La question n'est pas d'oublier ou non. D'ailleurs la meilleure preuve est que quand les électeurs se déplaceront le jour du premier tour, ils diront si oui ou non cette affaire est un problème. Mais, on est sur une élection présidentielle, on va choisir un président de la République pour les cinq prochaines années, donc ce qui est important c'est de savoir ce qu'il propose pour le pays".

M.R avec Jean-Baptiste Durand